dimanche , 20 septembre 2020
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Psoriasis chez l’enfant : le traitement doit être adapté


Le psoriasis est une maladie inflammatoire qui se développe chez des personnes prédisposées génétiquement. Lors d’une poussée, la peau s’épaissit à certains endroits et devient rouge

L’apparition de ces plaques résulte d’un emballement du système immunitaire. En réaction à une agression (infection bactérienne ou virale, stress…), les lymphocytes, des cellules immunitaires, deviennent hyperactifs. Ils vont alors stimuler de manière excessive les cellules de la peau. « Au lieu de se renouveler en 28 jours, elles vont le faire en deux semaines », explique le Dr Marc Perrussel, vice-président du Syndicat national des dermatologues et responsable d’une consultation spécialisée au CHU de Rennes. 

On ne sait pas expliquer pourquoi le psoriasis s’exprime à tel endroit plutôt qu’à tel autre. Différentes hypothèses sont avancées, selon le dermatologue : « Au niveau du cuir chevelu, la prolifération bactérienne locale due à la transpiration pourrait être une explication. À d’autres endroits (coudes, genoux, ceinture…), des frottements pourraient expliquer l’apparition de plaques. » 

Une chose est sûre : le psoriasis n’est pas une maladie contagieuse, contrairement à une idée reçue encore bien ancrée aujourd’hui.

Une maladie qui se déclare à tout âge

Quelle que soit sa forme, le psoriasis évolue de manière très variable d’une personne à l’autre, avec une alternance de poussées imprévisibles et de périodes de rémission plus ou moins longues. La maladie peut survenir à tout âge, chez un bébé ou un adulte, « à 7 jours comme à 77 ans », dit le Pr Perrussel. 

Psoriasis chez l’enfant : à ne pas confondre avec un eczéma

Les enfants atteints de psoriasis développent les mêmes formes que les adultes (psoriasis en plaques, en gouttes…). Le psoriasis du visage est, cependant, plus rare chez l’enfant.

Dans 95 % des cas, l’examen clinique de la peausuffit à poser le diagnostic. Chez les tout-petits (0-3 mois), des plaques liées à la macération des couches peuvent apparaître sur les fesses. Le Dr Perrussel parle de « psoriasis des langes ». Par ailleurs, les croûtes de lait qui se forment sur le cuir chevelu sont, dans 30 % des cas, de réelles manifestations psoriasiques. Or, elles peuvent être confondues avec une dermatite atopique, une forme d’eczéma.

Les traitements sont les mêmes que pour les adultes, à des doses pédiatriques. On commence toujours par des traitements locaux (dermocorticoïdes) et, en cas d’échec, on passe à des traitements systémiques (voir ci-dessous). Dans le cas où un psoriasis en gouttes se déclare après une infection ORL, un traitement antibiotique peut être tenté. 

De nombreuses possibilités de traitement

Le traitement est adapté en fonction du degré de sévérité de la maladie, chez l’enfant comme chez l’adulte. L’arsenal thérapeutique est très vaste. Si une molécule ne marche pas, on en essaie une autre.

« Le psoriasis est une maladie qu’on peut soigner, même si on ne peut pas la guérir », rappelle le dermatologue.

– L’hydratation, à la base du traitement

Avant toute chose, il faut éviter que la peau se dessèche, l’irritation favorisant l’apparition de plaques. « L’hydratation est le premier traitement  de la maladie », souligne le dermatologue qui recommande l’utilisation quotidienne de crèmes spéciales « peau sèche » ou des bains hydratants, deux fois par semaine, dans lesquels on jette « une ou deux poignées d’amidon de blé ou de maïs ». 

– Des traitements locaux 

Pour un psoriasis léger, des corticoïdes locaux ou des produits associant de la vitamine D et un dermocorticoïde peuvent être appliqués sur les plaques. « Ces produits donnent de très bons résultats. Il faut les utiliser en traitement d’attaque pour éliminer les plaques ; puis deux fois par semaine en traitement d’entretien, à vie », précise le dermatologue. 

– Des traitements systémiques 

Différentes possibilités existent pour soigner un psoriasis plus étendu :

Elle n’est pas recommandée avant l’âge de 8-10 ans.

Elle consiste à exposer la peau à des rayons ultraviolets. Les séances se pratiquent en cabine. Mais, comme les rayons du soleil, ce type de traitement augmente à long terme le risque de cancer de la peau. Par précaution, le nombre de séances est limité à deux ou trois pendant dix semaines, et ne doit pas dépasser 150 sur toute la vie. 

Le plus connu d’entre eux est commercialisé sous le nom de Soriatane. Ce médicament limite le renouvellement excessif des cellules cutanées et affine la peau. Il est efficace, mais au prix d’effets secondaires importants. Il est, en particulier, toxique chez la femme enceinte et ne doit jamais être prescrit aux femmes en âge de procréer. 

« C’est aujourd’hui le traitement de référence dans le psoriasis. Il est prescrit à dose anti-inflammatoire », explique le Dr Perrussel. Le médicament se prend soit en comprimé, soit par voie injectable, une fois par semaine. Les patients doivent être suivis sur le plan biologique, par des prises de sang régulières, afin de vérifier qu’ils ne développent pas d’effets secondaires en particulier au niveau du foie.

« Si le méthotrexate reste sans effet au bout de trois mois, il faut changer de traitement », précise le dermatologue. 

Ce médicament, connu comme immunosuppresseur (anti-rejet) après une greffe d’organes, est également actif dans le psoriasis. « On obtient très rapidement un blanchiment de la peau, c’est-à-dire une disparition des plaques », estime le Dr Perrussel. La ciclosporine est prescrite en situation d’urgence pour faire face à une forte poussée de psoriasis. 

Là encore, il faut surveiller l’apparition d’éventuels effets secondaires, en particulier un risque d’hypertension artérielle et d’insuffisance rénale. Tous les mois, une mesure de la pression artérielle et un dosage sanguin de la créatinine doivent être effectués. 

Pour limiter les risques, la ciclosporine ne doit pas être prescrite plus de deux ans en continu

Vendu sous le nom d’Otezla, il se prend en comprimés. Il calme efficacement l’inflammation de la peau. « Il réduit de 50 % la gravité du psoriasis », constate le dermatologue. Mais cette molécule a des effets indésirables (perte de poids importante, diarrhée, dépression…). Elle ne peut être prescrite qu’après échec d’au-moins un autre traitement systémique.

Ces molécules ont changé la vie des patients souffrant d’un psoriasis très étendu. Elles ciblent un mécanisme particulier de la maladie : l’hyperactivité des lymphocytes qui mène au renouvellement excessif de la peau. 

Il existe plusieurs médicaments de biothérapie, chacun agissant sur des médiateurs particuliers : anti-TNF alpha, anti-IL12, anti-IL23 ou anti-IL 17. « Ces molécules améliorent le psoriasis de 75 % à 100 %. Ces médicaments, qui ne peuvent être prescrits qu’à l’hôpital, sont administrés par injection, en ambulatoire, à un rythme qui varie d’une semaine à trois mois », précise le dermatologue. Ce type de traitement est réservé aux cas graves, après échec de deux traitements systémiques classiques (puvathérapie, rétinoïdes, méthotrexate, ciclosporine…).

Ces biothérapie sont des immunomodulateurs, ce qui signifie qu’elles modifient les défenses immunitaires de l’organisme. Sous traitement, les patients deviennent donc plus sensibles aux infections. Il leur est recommandé, par précaution, de se faire vacciner contre la grippe et le pneumocoque.

Bien vivre avec son psoriasis

Les traitements apportent une aide précieuse, mais il est très important aussi que les patients acceptent leur maladie et apprennent à vivre avec dès le plus jeune âge

En parallèle, des conseils simples permettent de mieux supporter la maladie, au quotidien : 

  • Porter des vêtements amples pour éviter les frottements sur la peau.
  • Eviter les déodorants à base d’alcool et les produits parfumés qui peuvent être irritants.
  • Se laver avec un savon surgras.

Chez les jeunes filles, le maquillage peut aider à camoufler les imperfections, certaines marques ayant développé des gammes spécifiques.

À savoir :

• L’association de patients France psoriasis organisera une vaste campagne de communication sur la maladie, à l’occasion de la 17ème Journée mondiale du psoriasis le 29 octobre 2020. Plus d’infos sur son site. 

• Le réseau de dermatologues Resopso propose des informations détaillées et les dernières actualités concernant la maladie. A découvrir sur son site. 

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