mercredi , 23 septembre 2020
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Quatre cas de démence sur dix seraient évitables grâce à l’hygiène de vie

Consommation d’alcool excessive, tabagisme, pollution de l’air… il existerait pas moins de 12 facteurs de risque modifiables de démence, des règles de vie qui, si elles étaient couramment appliquées, permettraient de retarder ou de prévenir 40% des cas dans le monde entier selon un rapport mené par des chercheurs anglais.


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La démence est définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « un syndrome dans lequel on observe une dégradation de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de l’aptitude à réaliser les activités quotidiennes. » Celle-ci compte 50 millions de personnes atteintes dans le monde et la maladie d’Alzheimer en est la cause la plus courante car à l’origine de 60-70% des cas. Bien que l’âge soit le plus grand facteur de risque connu, la démence n’est pas pour autant une conséquence inéluctable du vieillissement. De nombreuses études ont par ailleurs montré qu’il existait un lien avec des facteurs de risque liés au mode de vie, communs avec d’autres maladies non transmissibles.

Parmi ces derniers, la sédentarité, l’obésité, une mauvaise alimentation, le tabagisme ainsi que le diabète et l’hypertension à partir de la quarantaine. Des chercheurs de l’University College London ont mené une étude de grande ampleur pour actualiser la liste des causes évitables de démence, ce qui les a amenés à identifier pas moins de douze facteurs de risques distincts, de l’enfance à la fin de la vie. En les prenant en compte, il serait ainsi possible d’éviter ou de retarder environ 40% des cas de démence dans le monde selon leur rapport publié dans la revue médicale The Lancet. Cette mise à jour permet ainsi de fournir aux décideurs politiques une série de recommandations en matière de santé publique.

Quels facteurs de risque sont plus en cause ?

« Notre rapport montre que les décideurs et les individus ont le pouvoir de prévenir ou retarder une part importante des cas de démence », estime l’auteur principal du rapport, le Pr Gill Livingston. Les trois derniers facteurs de risques identifiés se trouvent être la consommation excessive d’alcool à partir de la quarantaine, les traumatismes crâniens et l’exposition à la pollution de l’air à l’âge adulte. Il s’avère qu’ensemble ces trois nouveaux facteurs de risque mis à jour sont associés à 6% de tous les cas de démence : environ 3% des cas sont attribuables à des traumatismes crâniens, 1% des cas à une consommation excessive d’alcool à l’âge adulte et 2% à uneexposition à la pollution atmosphérique.

C’est en 2017 que les chercheurs ont évoqué dans un précédent rapport les neuf premiers facteurs de risque. Il s’agit notamment des conditions d’éducation, de la perte d’audition, de l’hypertension, de l’obésité, du tabagisme, de la dépression, de l’isolement social, de l’inactivité physique et du diabète. Trois d’entre eux sont particulièrement importants : une moindre éducation au début de la vie, une perte auditive et le tabagisme (7%, 8% et 5%, respectivement). « Nous devons penser au-delà de la promotion d’une bonne santépour prévenir la démence, et commencer à lutter contre les inégalités pour améliorer les conditions dans lesquelles les gens vivent leur vie », ajoute le Pr Gill Livingston.

L’importance d’une bonne santé physique et auditive et de l’éducation

Les chercheurs notent cependant que dans certains pays, la proportion de personnes âgées atteintes de démence a diminué, probablement en raison de l’amélioration de plusieurs facteurs que sont l’éducation, la nutrition, les soins de santé et des changements de mode de vie, ce qui, selon eux, démontre la possibilité de réduire la démence grâce à des mesures préventives. C’est pourquoi ils ont établi une liste de neuf recommandations, aussi bien à destination des particuliers que des décideurs politiques. « Ces actions sont très importantes dans les pays à revenu faible et intermédiaireoù les taux de démence augmentent plus rapidement que dans les pays à revenu élevé. », notent-ils.

Quelles sont-elles ? Le maintien d’une pression artérielle systolique de 130 mm Hg dès 40 ans et le port d’aides auditives en cas de perte auditive, tout en faisant en sorte de se protéger des niveaux de bruit élevés. Le rapport recommande également de réduire l’exposition à la pollution et de prévenir les traumatismes crâniens, notamment en ciblant les métiers et les transports à haut risque. La consommation d’alcool doit aussi être limitée tandis que l’arrêt du tabac est indispensable. Enfin, tous les enfants doivent pouvoir bénéficierd’un niveau suffisant d’éducation et les adultes doivent mener une vie active au quotidien dès le milieu de vie. Il est aussi important d’éviter l’apparition du diabète et de l’obésité.

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