lundi , 28 septembre 2020
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Qui doit s’isoler ? quand ? Ce que recommande le Conseil scientifique contre la Covid-19

Un isolement de 7 jours le plus souvent à domicile et accompagné par de nouvelles mesures de prise en charge et de compensation. Le Conseil scientifique a précisé, mercredi 9 septembre, ses recommandations concernant la période de quarantaine pour une personne présentant les symptômes de la Covid-1 ou cas contact. 


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Le raccourcissement de la période de quarantaine, de 14 à 7 jours, ne cesse de surprendre, alors que la situation sanitaire sur le territoire français est qualifiée de préoccupante par le Conseil scientifique lui-même. Pour autant, le Conseil scientifique estime que la stratégie actuelle d’isolement de 14 jours fonctionne mal : elle n’est pas assez respectée par les Français et n’a ni cahier des charges ni budget à l’échelle nationale. L’enjeu, comme l’a expliqué le Conseil scientifique lors d’une conférence de presse mercredi 9 septembre : avoir plus de personnes qui suivent l’isolement sur une période plus courte (sept jours), plutôt que moins de personnes sur une période plus longue (quatorze jours).

Avoir plus de personnes qui s’isolent quand la période de contagiosité est maximale est en effet plus efficace pour casser les chaines de transmission de la Covid-19. « La transmission du Sars-CoV-2 à partir des personnes infectées est maximale entre 2 jours avant l’apparition des signes cliniques et 5 jours après, et n’a été documentée que très exceptionnellement au-delà du 8e jour d’infection », rappelle le Conseil scientifique. Ajoutant : « Il n’y a pas de virus cultivable au-delà du 8e jour chez les patients confirmés présentant des formes ne nécessitant pas d’hospitalisation, même si de très faibles traces du virus restent détectables par RT-PCR au-delà du 8e jour ».

Quelles personnes doivent s’isoler ?

  • Toute personne présentant des symptômes, et ce dès le premier jour d’apparition de symptômes et surtout sans attendre le résultat du test RT-PCR. Si le test est négatif, la personne pourra lever son isolement. Comme l’a souligné Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique : « Le début des symptômes signe le début de la contagiosité. En présence de symptômes évocateurs de la Covid-19, il faut s’auto-isoler sans attendre. » Le Conseil scientifique ne précise toutefois pas quels symptômes doivent déclencher l’isolement. Il reconnaît qu’il serait intéressant que les autorités de santé en charge des aspects opérationnels de la stratégie d’isolement élaborent une nouvelle définition de ces symptômes.
  • Toute personne asymptomatique déclarée « cas Covid-19 » (test RT-PCR positif). L’isolement d’une semaine pleine devra être débuté en prenant comme premier jour celui de la date du prélèvement positif. « Si des symptômes apparaissent au cours de cette période, cela signifie que le patient a été dépisté dans la phase pré-symptomatique et qu’il faudra donc allonger cette période d’isolement afin qu’elle dure 1 semaine pleine à compter du premier jour d’apparition des signes cliniques, précise le Conseil scientifique.
  • Toute personne déclarée « cas contact », que que soit son état : l’isolement débute à partir du jour du contact avec un cas confirmé. Un test RT-PCR sera réalisé au 7e jour d’isolement. Si son résultat est positif, l’isolement devra être poursuivi.

Où faire sa quarantaine ?

Principalement à son domicile, même si l’on ne dispose pas d’une chambre individuelle pour pouvoir s’isoler du reste de la famille. Seules les personnes qui ne peuvent s’isoler chez elles en raison de leurs conditions de vie pourront être accueillies dans les résidences Covid (hôtels ou autres lieux).

Des mesures pour accompagner l’isolement

Pour faciliter l’adhésion à cet auto-isolement, le Conseil scientifique recommande de nouvelles mesures d’accompagnement. Parmi les mesures envisagées, qui seront étudiées vendredi prochain lors d’un Conseil de défense :

  • La prescription d’un arrêt de travail qui pourra être de deux types : l’arrêt classique et l’arrêt sans délai de carence. Ce dernier cas nécessite toutefois une décision réglementaire et ne peut être immédiatement appliqué.
  • Une prime de compensation de perte de revenus pour les professions indépendantes et pour ceux n’ayant pas de revenus réguliers.
  • La prescription d’un service de prise en charge à domicile (livraison de nourriture, soins à domicile…) s’appuyant sur les services spécialisés déjà existants d’aide à domicile pour les personnes âgées. Là encore, les Agences de santé devront définir qui sera en charge de ces prescriptions. Le rôle des médecins généralistes sera bien sûr essentiel dans cet accompagnement.
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