mardi , 25 février 2020
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Règles : un rapport parlementaire pour “déconstruire les tabous”


Déconstruire les tabous”, lutter contre la précarité menstruelle, mieux informer les femmes sur certains risques sanitaires… Il y encore a tant à faire autour de la question des règles.

Désireuses de faire bouger les choses et de prendre le sujet à bras le corps, deux députées ont déposé un rapport parlementaire pour “déconstruire les tabous” autour des règles. Rendu public ce 11 février, le rapport en question comprend quelques 47 recommandations pour que les règles soient moins “génératrices d’angoisses et de souffrances” pour les femmes en France.

Pour les deux auteures du rapport, Laëtitia Romeiro Dias (La République En Marche) et Bénédicte Taurine (La France Insoumise), ce sujet n’a “rien d’anecdotique”, puisqu’il comprend de réels enjeux sanitaires et économiques. Elles soulignent ainsi que “la prise en charge insuffisante de la question des menstruations contribue à perpétuer les inégalités entre les femmes et les hommes”.

Les deux élues déplorent une connaissance insuffisante des jeunes filles et des femmes quant à la diversité des produits de protection hygiénique qui existent (tampons, serviettes, culottes et cup menstruelles…), mais aussi quant aux précaution d’hygiène et d’usage de ces produits et des risques sanitaires, en tête desquels le risque de syndrome de choc toxique.

Les députées souhaitent ainsi qu’un pictogramme clair évoquant le risque de choc toxique soit apposé de façon claire et lisible sur les emballages de protections périodes internes (tampons, cups). 

Pour ce qui est de l’information, elles proposent que soit systématiquement abordé le cycle menstruel dès la classe de 6e, et qu’un site internet officiel soit créé. “Informer au plus tôt, c’est le mieux, dans un premier temps en décorrélant cette question de l’éducation à la sexualité”, a expliqué à l’AFP Laëtitia Romeiro Dias. “Il n’est pas rare que les filles aient leurs premières règles en CM2, alors que souvent on ne leur en parle qu’en classe de 4e”, a déploré la députée, pour qui “il faut en parler aussi aux garçons, qui deviendront des pères et devront pouvoir répondre aux questions de leurs filles”. Les députées souhaitent en outre qu’une filière de recyclage des protections absorbantes soit développée en France.

Pour lutter contre la précarité menstruelle, les élues proposent que des distributeurs de protections hygiéniques soient installés dans certains lieux publics, et accessibles aux femmes en situation de précarité grâce à des cartes prépayées. Elles estiment en outre que collégiennes, lycéennes et étudiantes devraient avoir accès à des protections hygiéniques gratuitement au sein de leur établissement scolaire, à l’instar de ce qui se fait déjà à l’Université de Lille, par exemple.

Les deux rapporteuses recommandent enfin de renforcer la formation des médecins généralistes et gynécologues au sujet de l’endométriose, maladie chronique liée aux règles qui touche plus d’une femme sur dix et qui peut mettre jusqu’à 7 ans pour être diagnostiquée en France.

Source : Le Monde avec AFP

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