lundi , 3 août 2020
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Sommeil : les personnes optimistes dormiraient mieux

En s’intéressant de plus près au lien entre l’optimisme et un trouble de sommeil fréquent qu’est l’insomnie, des chercheurs ont constaté que les personnes qui présentent ce trait de caractère y sont moins sujettes que les personnes en proie au pessimisme. Une particularité qui pourrait s’expliquer par le fait que les premières mènent généralement une meilleure hygiène de vie.


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Les personnes optimistes vivent plus longtemps que les personnes pessimistes et présentent un risque moindre de maladie chronique : cela a été prouvé scientifiquement à plusieurs reprises. La raison qui pourrait expliquer pourquoi ces dernières ont une vie plus longue et plus saine pourrait s’expliquer par le fait qu’elles dorment mieux, selon les conclusions d’une récente étude menée par des chercheurs de l’université de Vienne et publiée dans le Journal of Sleep Research. Pour en venir à cette conclusion, les scientifiques ont examiné de près les résultats d’une précédente étude datant de 2017, elle-même basé sur un questionnaire en ligne donné à remplir par plus de 1000 Autrichiens.

Le questionnaire s’intéressait aux caractéristiques de sommeil des participants, à leur situation de travail et à leurs comportements avant d’aller se coucher. En analysant les résultats, les chercheurs affirment que la probabilité de souffrir de troubles du sommeil et/ou d’insomnie était environ 70% plus faible chez les personnes optimistes par rapport à celles qui avaient tendance à se montrer pessimistes.

« Des études ont montré que les optimistes font plus de sport, fument moins et ont une alimentation plus saine. En plus de cela, ils ont de meilleures stratégies pour faire face aux problèmes et ressentent moins de stress dans les situations difficiles », explique le Pr Jakob Weitzer qui a dirigé l’étude.

Pour l’équipe scientifique, c’est donc la combinaison de tous ces facteurs qui pourrait contribuer à une meilleure qualité de sommeil. Plus précisément, les participants avec l’optimisme le plus élevé étaient plus âgés, en meilleure santé, faisaient plus d’exercice physique et avaient un niveau d’éducation plus élevé que les participants avec des scores d’optimisme intermédiaires et inférieurs. Les femmes, les retraités et les personnes qui ne travaillaient jamais de nuit étaient plus optimistes tandis que les personnes au chômage, en incapacité de travailler, qui fumaient fréquemment et qui ont déjà présenté des symptômes dépressifs étaient plus susceptibles de se montrer moins optimistes au quotidien.

Il est possible de se « former » pour devenir plus optimiste

Bien que le mécanisme en cause ne soit pas élucidé, les chercheurs estiment que l’optimisme « agit probablement sur les symptômes de l’insomnie grâce à une combinaison de voies psychologiques, comportementales et biologiques. »

Mais l’étude précise également tout le monde peut « cultiver » son optimisme au quotidien grâce à divers exercices pratiques. L’un d’eux est la méthode dite du Best Possible Self. Selon le Pr Jakob Weitzer, celle-ci « consiste à essayer d’imaginer un idéal et d’écrire à quoi pourrait ressembler la meilleure vie possible à l’avenir. Après plusieurs semaines de pratique régulière, cette méthode pourrait aider à augmenter le niveau d’optimisme d’une personne. Le chercheur souligne qu’il ne s’agit pas tant d’atteindre cet «idéal» mais plutôt de réfléchir sur celui-ci en général pour aider à se fixer des objectifs réalistes.

Cependant, il n’a pas encore été prouvé de manière certaine que l’augmentation de l’optimisme obtenue grâce à des exercices puisse directement favoriser un meilleur sommeil et une meilleure santé, soulignent les chercheurs.

Mais si cela s’avérait être le cas (et cela devrait être confirmé grâce à d’autres études menées sur un panel plus important de participants), une «formation à l’optimisme» pourrait permettre de réduire la prévalence des troubles du sommeil et d’autres problèmes de santé au sein de la population.

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