mercredi , 15 juillet 2020
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« Stop Covid » : en quoi consiste l’application de contact tracing ?

L’application de traçage « Stop Covid » est destinée à assurer le suivi des personnes positives au Covid-19 pour faciliter l’identification des « cas contacts » et remonter au plus vite les chaînes de transmission du coronavirus afin de limiter sa propagation. « L’application est techniquement opérationnelle et les tests sont conclusifs », a précisé le ministère de l’Économie et des Finances. 

Ce mardi 26 mai, elle a reçu un avis favorable de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) qui a toutefois formulé quelques recommandations pour la mise en place du système. « Sous réserve du vote au Parlement (mercredi 27 mai), l’application pourrait être disponible dans les magasins d’application d’Apple et d’Android ce week-end », a déclaré le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, dans les colonnes du Figaro

À quoi sert l’application Stop Covid ?

Ce projet a été présenté le 8 avril dernier par Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, et Olivier Véran, le ministre de la Santé. « Stop Covid répond à un impératif sanitaire, mais aussi social : tout faire pour éviter une résurgence de l’épidémie, de nouvelles victimes et un nouveau confinement », indiquent-ils dans un dossier de presse publié le 21 mai. Ce dispositif s’inscrit en complément de l’action des médecins, de l’Assurance maladie, des ARS et des brigades sanitaires de terrain

Pour le gouvernement, l’objectif est triple : « se protéger », « protéger les autres » et « soutenir les efforts des soignants et du système de santé ». Concrètement, Stop Covid prévient ses utilisateurs en cas de contact rapproché dans l’espace public (transports, commerce, lieu de travail…) avec une personne testée positive au coronavirus au cours des deux dernières semaines. Ainsi, les potentiels « cas contacts » pourront prendre leurs précautions. 

© Gouvernement

L’application sera téléchargeable depuis les boutiques Play Store ou Google Play. Pour l’utiliser, il faudra activer son Bluetooth et autoriser Stop Covid à vous envoyer des notifications. Grâce aux signaux Bluetooth émis par les téléphones des utilisateurs, Stop Covid capte le signal d’autres smartphones équipés de l’application et enregistre leur identifiant (uniquement si les personnes sont à moins d’un mètre l’une de l’autre, pendant plus de quinze minutes). 

  • Si vous êtes testé positif au Covid-19

Signalez-le directement sur l’application, en entrant le code unique qui vous aura été fourni avec le résultat de votre test. L’application se chargera ensuite de prévenir toutes les personnes que vous avez croisées au cours des deux dernières semaines, dans un périmètre rapproché (moins d’un mètre et pendant au moins 15 min). 

  • Si vous avez rencontré une personne infectée qui l’a signalé via Stop Covid : 

Vous serez immédiatement prévenu par notification. Vous êtes invité à vous isoler rapidement et à prendre rendez-vous chez un médecin pour vous faire prescrire un test de dépistage. 

Si vous n’arrivez pas à joindre votre médecin, vous pouvez aussi contacter directement le numéro dédié à la crise du coronavirus (0800 130 000).

Fonctionnement Stop Covid

© Gouvernerment

Est-on obligé de télécharger cette application ?

L’utilisation de Stop Covid se fait uniquement sur la base du volontariat. À chaque étape du processus, les utilisateurs ont le choix d’activer ou non le Bluetooth, de partager l’historique de proximité, de déclarer leur diagnostic, ou encore de désinstaller l’application. 

Qu’en est-il de la protection de nos données ?

Aucune information personnelle n’est demandée au moment de l’installation de l’application. StopCovid génèrera automatiquement des pseudonymes (crypto-identifiants éphémères) qui ne seront pas associés à une personne. Lorsque vous recevrez une notification, vous ne disposerez d’aucune information sur les personnes rencontrées. Par ailleurs, « les identifiants n’ayant plus de pertinence épidémiologique seront supprimés au bout de quinze jours« . 

Le gouvernement assure également que personne, pas même l’État, n’aura accès à une liste de personnes diagnostiquées positives ou à une liste des interactions sociales entre les utilisateurs. « L’application n’utilise à aucun moment la localisation des personnes par les données GPS des téléphones portables », précise-t-il. Elle ne permettra donc pas de « pister » les déplacements des utilisateurs.

« L’application est anonyme, d’installation volontaire et son utilisation limitée à la crise du Covid-19. L’ensemble du système est par ailleurs transparent, afin d’apporter aux Françaises et aux Français un maximum de garanties et de faciliter son adoption. »

Quelles sont les recommandations de la CNIL ?

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait déjà donné un feu vert de principe le 24 avril dernier. Mardi 26 mai, dans un communiqué, elle a estimé que ce dispositif temporaire, sur la base du volontariat, pouvait « légalement être mis en œuvre ». Afin d’assurer la pleine conformité du traitement au règlement général sur la protection des données (RGPD), elle a néanmoins émis plusieurs observations sur le déploiement de l’application et souhaite : 

  • une amélioration de l’information fournie aux utilisateurs, en particulier s’agissant des conditions d’utilisation de l’application et des modalités d’effacement des données personnelles ; 
  • une information spécifique pour les mineurs et les parents des mineurs ;
  • la confirmation d’un droit d’opposition et d’un droit à l’effacement des données pseudonymisées enregistrées. 

Quand l’application sera-t-elle disponible ?

L’application a été développée au cours du mois d’avril grâce à la mobilisation de nombreux acteurs publics et privés qui sont intervenus dans leur champ d’expertise. Des tests en laboratoire et en conditions réelles ont été réalisés durant le mois de mai.

Elle est désormais opérationnelle, mais reste à passer l’étape du débat et du vote au Parlement, ce mercredi 27 mai. Si le projet est approuvé, le secrétaire d’Etat au Numérique espère pouvoir rendre l’application disponible pour la seconde phase du déconfinement (mardi 2 juin).

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