mardi , 4 août 2020
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Syndrome du coeur brisé : des cas en augmentation pendant la pandémie


On utilise communément l’expression "avoir le coeur brisé" pour désigner un chagrin d’amour. Cette maladie existe réellement et elle n’est à prendre à la légère. Diagnostiqué pour la première fois en 1990 par des médecins japonais, le syndrome du coeur brisé (ou cardiomyopathie) désigne une pathologie liée à un stress émotionnel ou physique pouvant provoquer une défaillance cardiaque aiguë et mener au décès, dans certains cas. Les patients éprouvent généralement des symptômes similaires à une crise cardiaque, tels que des douleurs thoraciques et un essoufflement, mais n’ont généralement pas d’artères coronaires bloquées de manière aiguë.

Une augmentations de syndromes du coeur brisé pendant la pandémie

Les chercheurs de la Cleveland Clinic, aux Etats-Unis, ont constaté que le nombre de patients souffrant de cardiomyopathie liée au stress avait considérablement augmenté pendant la pandémie de COVID-19.

"Le COVID-19 a provoqué de multiples niveaux de stress dans la vie des gens. Ils ne sont pas seulement inquiets pour eux-mêmes ou leurs familles, ils font aussi face à des problèmes économiques et émotionnels, des problèmes de société et une solitude potentielle et l’isolement", a expliqué le Dr Ankur Kalra, cardiologue à la Cleveland Clinic, cité sur Science Daily.

Pour leur étude, les cardiologues de la clinique ont examiné 258 patients présentant des symptômes de syndrome coronarien aigu (SCA), entre le 1er mars et le 30 avril et les ont comparé avec des groupes témoin présentant les mêmes symptômes, avant la pandémie. Le nomre de patients atteints de syndrome du coeur brisé atteignait 7,8%, par rapport à une incidence de 1,7% avant le coronavirus.

Le syndrome du coeur brisé tue autant que l’infarctus

Entre 1998 et 2014, 26 scientifiques provenant de neuf pays et dirigée par le Dr Christian Templin de l’Université de Zurich (Suisse) s’étaient penchés sur les mécanismes à l’origine de la maladie. Après avoir analysé les données de 1 750 patients, leurs conclusions, publiées dans le revue New England Journal of Medicine, montraient que ce syndrome est associé à un nombre de complications médicales et de décès beaucoup plus important que les médecins ne l’imaginaient jusque là.

Les éléments déclencheurs du syndrome du coeur brisé ?

  • Dans 27,7 % des cas de cardiomyopathie, il s’agirait d’un choc émotionnel provoqué par une rupture amoureuse, la perte d’un être cher, un conflit familial ou professionnel.
  • 36 % des cas de maladie du coeur brisé seraient en revanche liés à des facteurs comme une insuffisance respiratoire aiguë ou une intervention chirurgicale récente.
  • 55,8 % des victimes de cardiomyopathie auraient des antécédents psychiatriques ou neurologiques de type épilepsie, traumatisme crânien ou accident vasculaire cérébral (AVC).
  • 25,7 % auraient subi un infarctus du myocarde (une crise cardiaque).

Le taux de mortalité de la maladie du cœur brisé s’élève à 3,7 %. Une incidence presque aussi élevée que celle de la crise cardiaque (5,3 %). "Il est (donc) possible que ce trouble soit considérablement sous-diagnostiqué". Par ailleurs, la cardiomyopathie toucherait principalement les femmes ménopausées.

Comment survient le syndrome du coeur brisé ?

Sous l’effet d’un très grand stress, le cerveau envoie un signal aux glandes surrénales, situées au-dessus des reins et dont l’une des principales fonctions est de sécréter de l’adrénaline pour répondre aux agressions. Les surrénales libèrent alors de l’adrénaline, qui contracte involontairement les petits vaisseaux et accélère le cœur. Mais parfois, sous l’effet d’un stress particulièrement important, comme la mort d’un conjoint par exemple, le cœur va jusqu’à être paralysé et s’arrête de battre.

Lors de sa phase aiguë, les symptômes sont presque identiques à ceux d’une de la crise cardiaque. De violentes douleurs thoraciques (dans les trois quarts des cas), suivies d’un essoufflement (dans presque la moitié des cas), puis, dans moins de 10 % des cas, d’une syncope.

Syndrome du coeur brisé : aucun traitement efficace à ce jour

Il n’existe pas encore de traitement pour soigner le syndrome du cœur brisé. Le plus souvent, les médecins prescrivent aux victimes des bêtabloquants qui ont pour effet d’inhiber l’angiotensine II, l’hormone qui augmente la pression artérielle. Le traitement ne s’avère toutefois pas très efficace puisque 20 % des personnes souffrant de cardiomyopathie s’en étaient déjà vu prescrire.

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