samedi , 22 février 2020
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Tania Chytil: «Comme les plantes, on grandit mieux avec de bonnes racines»

         

Pour la deuxième année consécutive, vous allez passer six jours enfermée dans un studio de verre pour l’opération «Cœur à cœur» de la RTS. Nerveuse?

Tania Chytil   Non, je me réjouis! C’est une magnifique aventure humaine, une expérience hors norme. J’ai hâte de retrouver mes deux «colocs», Jonas Schneiter et Philippe Martin, ainsi que tout le reste de l’équipe. Il y a vraiment de belles personnes et une chouette ambiance autour de ce projet.

L’engagement a toujours fait partie de vos valeurs?

C’est en tout cas quelque chose de très important pour moi. A travers cette action, j’ai vraiment l’impression d’être utile. Nous portons une cause et surtout nous l’expliquons aux gens. Cela ajoute une dimension supplémentaire à mon travail habituel. Pouvoir collaborer avec la Chaîne du bonheur, ça me porte et me nourrit vraiment.

Vous êtes également productrice du site RTS Découverte, une plateforme de vulgarisation scientifique. Faire vivre ce type de thématiques dans les médias, c’est l’une des missions du service public?

Oui, premièrement, je pense que c’est très important de mettre en lumière le formidable travail des chercheurs, notamment en Suisse. Pour certains, leurs recherches sont l’aventure d’une vie ! D’autre part, nous avons un vrai rôle «éducatif» à jouer, c’est important que chacun d’entre nous puisse découvrir le monde, mieux le comprendre et devenir un citoyen éclairé. Avec RTS Découverte, nous parlons aussi beaucoup des sciences humaines, ce qui touche absolument tout le monde.

RTS Découverte s’adresse également aux jeunes enfants. Comment les intéresser à des sujets aussi pointus?

Nous travaillons beaucoup en collaboration avec les écoles et proposons entre autres des sujets en rapport avec le programme scolaire. Cela permet aux enfants de faire des liens avec ce qu’ils ont étudié en classe. C’est aussi l’occasion de faire de l’éducation aux médias, leur montrer le pouvoir des réseaux sociaux… En somme, les aider à développer un regard critique sur le monde.

Vous faites souvent du direct à la télévision. Avez-vous une «recette magique» pour gérer le trac?

J’ai de la chance, je crois que je n’ai pas beaucoup le trac comparé à d’autres ! J’essaye vraiment de démystifier le fait de «parler à la télévision». Je fais en sorte de ne pas trop penser au nombre de personnes qui regardent et ce qu’ils vont penser de moi, car forcément, ça peut générer du stress. Du coup, j’essaye d’y aller comme je suis et surtout de prendre du plaisir à parler aux gens. Et puis c’est important de bien se préparer. Quand on sait ce que l’on doit faire, c’est plus facile de mettre sur « off » certains éléments générateurs de stress. Il faut aussi dire que mine de rien, cela fait 25 ans que je fais de la télévision. Alors forcément avec l’expérience, j’ai beaucoup appris, je sais à quoi m’attendre et je le vis mieux.

Avec votre profession médiatique, vous êtes forcément confrontée à votre propre image. Quel rapport entretenez-vous avec votre corps?

Je crois que je m’en fiche un peu, en fait (sourire)… Je ne me rends pas toujours compte de l’exposition que cela représente. Dès que je quitte l’antenne, je redeviens Tania, une collègue, une maman comme les autres. Alors forcément, parfois en me regardant à l’écran, je trouve que je me tiens mal, je n’aime pas telle ou telle mimique. Mais c’est moi et je ne peux pas me changer! On ne peut pas tout contrôler, il vaut donc mieux s’accepter.

Êtes-vous sportive?

Depuis une dizaine d’années, je vais régulièrement au fitness. Il faut dire que j’ai bientôt 50 ans, c’était le moment de s’y mettre! Grâce à l’activité physique, je remarque que j’ai moins mal au dos et que j’évacue mieux le stress. Mais s’il faut arrêter d’en faire pendant deux ou trois mois, franchement, j’y arrive très bien aussi! (rires)

Vous êtes mère d’une famille nombreuse et très impliquée dans votre travail. Comment faites-vous pour être partout à la fois?

Je ne m’occupe pas de mes enfants toute seule, j’ai la chance d’avoir un mari formidable qui m’épaule ! Élever des enfants à deux, c’est quand même beaucoup plus facile que de tout devoir assumer soi-même. Bien sûr, j’ai aussi renoncé à certaines choses au cours de ma carrière. Par moments, j’ai demandé à faire moins d’antenne par exemple. Ce sont des compromis à faire, mais j’avais besoin de passer plus de temps avec ma famille. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir trouvé un bon équilibre.

Comment vous ressourcez-vous?

Mon mari et moi possédons une ferme en Ardèche où nous élevons des animaux, entreprenons des travaux, faisons du jardinage. J’adore ces activités manuelles qui m’aident à déconnecter, c’est sans doute mon côté terrien. Depuis quelque temps, nous produisons aussi du saucisson et des pâtés. Cela fait donc de moi une journaliste-charcutière ! Mais attention, avec des cochons heureux, qui courent dans les champs!

Quel rapport entretenez-vous avec la nourriture?

J’adore faire à manger. Ma maman m’a transmis l’amour du fait maison. Je n’achète presque jamais une pâte à gâteau industrielle. J’ai surtout du plaisir à cuisiner pour les autres et partager ces moments avec mes enfants. Côté tendance, je ne suis pas spécialement adepte des courants véganes et autres, mais c’est important que chacun puisse faire ce qu’il souhaite. J’essaye toutefois de réduire ma consommation de viande. Même si ma charcuterie est très bonne! (rires)

Avez-vous un petit plaisir coupable?

Je suis clairement plus salé que sucré, donc je dirais la viande séchée. Même si parfois, j’ai aussi des terribles envies de chocolat.

Vous parlez souvent de votre Jura natal. Les racines, c’est important?

Oui, c’est quelque chose qui vous ancre. Le Jura symbolise pour moi une éducation, une manière de vivre, proche de la nature. C’est sans doute ce qui fait que je me sens bien en Ardèche aujourd’hui. Mes enfants allaient souvent chez leurs grands-parents, qui vivaient toujours au Jura. Je trouve important qu’ils sachent d’où ils viennent. C’est comme les plantes, lorsqu’on a de bonnes racines, on grandit mieux.

Quand il est question de votre propre santé, vous êtes plutôt du genre à avoir besoin de preuves scientifiques ou à écouter votre corps et votre instinct?

Même si cela va peut-être vous sembler paradoxal pour une productrice de contenus scientifiques… je suis plus du genre à écouter mon corps. Je vais quatre fois par année chez un naturopathe, qui fait en sorte que j’aille bien, et je n’attrape que rarement les virus qui traînent. Par ailleurs, je suis atteinte d’une maladie orpheline, pour laquelle il n’existe pas de traitement. Tout ce qu’on peut faire, c’est la surveiller. Alors j’essaye de lui laisser le moins de place possible. Je vis avec elle, je lui donne le droit d’être là, de cohabiter avec moi, à condition qu’elle me laisse tranquille.

Vous semblez toujours positive et souriante. Quel est votre secret?

Je ne fais pas exprès! J’ai de la chance d’être de nature optimiste, je tiens ça de mes parents. C’est vrai que j’ai toujours tendance à voir le verre à moitié plein. Je suis comme ça, je n’ai absolument aucun mérite. (rires)

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Paru dans Planète Santé magazine N° 36 – Décembre 2019


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