vendredi , 25 septembre 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Télévision : pourquoi certains enfants l’aiment plus que d’autre

Télévision : pourquoi certains enfants l’aiment plus que d’autre


De nouvelles recherches publiées ce 5 août dans la revue Infancy indiquent que les réponses cérébrales des bébés de 10 mois pourraient prédire s’ils vont ou non aimer regarder la télévision six mois plus tard. En d’autres termes, le tempérament d’un bébé pourrait en partie expliquer son attrait pour la télévision.

L’environnement sensoriel qui entoure les bébés et les jeunes enfants est vraiment complexe et encombré, mais la capacité de prêter attention à quelque chose est l’une des premières étapes du développement chez les bébés”, a commenté le Dr Teodora Gliga, co-auteure de l’étude et chercheuse au sein de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni). “Avant même de pouvoir poser des questions, les enfants diffèrent considérablement [entre eux] quant à leur motivation à explorer leur environnement et à s’intéresser à de nouveaux sons ou images. Nous voulions découvrir pourquoi les bébés semblent être si différents dans la manière dont ils recherchent une nouvelle stimulation sensorielle visuelle – comme le fait d’être attirés par des objets brillants, des couleurs vives ou des images animées à la télévision”, a-t-elle indiqué.

Il y a eu diverses théories pour expliquer ces différences, certaines suggérant que les nourrissons moins sensibles chercheront moins de stimulation, d’autres suggérant que certains nourrissons traitent simplement plus rapidement les informations – une capacité qui pourrait les pousser à rechercher une nouvelle stimulation plus fréquemment”, a détaillé la chercheuse. “Dans cette étude, nous apportons un soutien à une troisième théorie en montrant qu’une préférence pour la nouveauté pousse certains nourrissons à rechercher une stimulation plus variée”, a-t-elle ajouté.

Des résultats intéressants pour mieux comprendre les effets d’une exposition précoce aux écrans

A l’aide de l’électroencéphalographie, soit l’enregistrement de l’activité cérébrale des tout-petits grâce à des électrodes, l’équipe a pu étudier l’activité du cerveau de 48 bébés âgés de 10 mois, et ce alors qu’ils regardaient une séquence de 40 secondes du film Disney Fantasia. Les chercheurs ont alors observé comment les ondes cérébrales des bébés réagissaient aux interruptions aléatoires de la vidéo par une image de damier noir et blanc clignotant soudainement à l’écran. 

Comme la séquence vidéo était répétée, les chercheurs s’attendaient à ce que les enfants finissent par la connaître et donc par s’en désintéresser, et se focaliser davantage sur le damier. Mais en réalité, certains enfants se sont intéressés au damier alors qu’ils n’avaient pas fini de mémoriser la séquence vidéo. D’autres à l’inverse son restés focalisés sur la séquence vidéo alors même qu’il n’y avait pas grand chose à en tirer.

Il était très intéressant de constater que les réponses cérébrales à 10 mois, indiquant la rapidité avec laquelle les nourrissons passaient leur attention de la vidéo répétée au damier, prédisaient s’ils aimeraient regarder des émissions de télévision au rythme rapide six mois plus tard”, a commenté le Dr Gliga. “Ces résultats sont importants pour le débat en cours sur l’exposition précoce à la télévision, car ils suggèrent que le tempérament des enfants peut entraîner des différences dans l’exposition à la télévision”. 

L’équipe de recherche s’attèle désormais à comprendre comment l’environnement précoce des tout-petits peut favoriser leur apprentissage et leur développement cognitif.

À lire aussi

Première apparition