mercredi , 20 novembre 2019
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Témoignage : j'ai maigri de 72 kg


A 48 ans, je suis né une seconde fois dans un nouveau corps. J’ai, en effet, perdu 54 cm de tour de taille, 38 cm à chaque cuisse et je suis passé de 177 à 105 kg. Le déclic s’est produit en 2015, lors d’une opération de la vésicule biliaire. Ce fut un choc de me découvrir si gros, car je pensais peser 135 kg.

J’ai alors compris pourquoi, à 47 ans, je ne pouvais presque plus marcher sans être essoufflé, au point de m’étouffer parfois, et pourquoi je souffrais tant des articulations, d’apnées du sommeil, d’hypertension.

J’ai compris que j’étais en danger et que mon espérance de vie était réduite. J’étais à bout, aussi, d’être montré du doigt et de subir des humiliations liées à ce corps énorme, qui me pourrissait la vie. Je ne voulais plus rester assis à la regarder passer. C’était décidé, j’allais maigrir.

La chirurgie bariatrique n’était pas une option

Il m’a d’abord fallu accepter que l’obésité n’était pas une fatalité, mais une maladie. La chirurgie bariatrique, qui consiste à réduire la taille de l’estomac, n’était pas une option, car elle me faisait peur et présentait en outre de gros risques. Fin août 2015, j’ai donc choisi de me faire hospitaliser 6 semaines dans une clinique. Cela a bouleversé ma vie. En travaillant avec la psychologue, j’ai pu cerner les éléments déclencheurs de mes pulsions alimentaires et les contrôler.

Avec les diététiciennes, j’ai dû remettre en question mes convictions pour réapprendre à m’alimenter. L’éducateur sportif est celui qui m’a fait le plus peur, car j’arrivais tout juste à marcher et il me parlait de faire du sport ! Ce fut le plus dur, tant les douleurs étaient omniprésentes. J’ai appris à les dépasser et à repousser mes limites, jusqu’à faire une marche de 7 km une semaine avant ma sortie. Quelle émotion…

Passer de "gros" à "normal" a été compliqué

De retour chez moi, j’avais perdu 18 kg. Pour ne pas retomber dans mes travers, mes angoisses et mes mauvaises habitudes alimentaires, j’ai recréé les conditions de mon hospitalisation, en impliquant mon généraliste, une kinésithérapeute pour le suivi musculaire, un ostéopathe, et j’ai fait de l’aquagym.

J’ai aussi évité les conflits et les situations stressantes. Au fil des semaines, tandis que mon corps se métamorphosait au gré des kilos perdus, j’avais de plus en plus de mal à contrôler mes émotions : bonheur, joie, fierté et peur, tout s’entremêlait. Je ne cessais d’avoir les larmes aux yeux, au point de prendre un antidépresseur. Passer de "gros" à "normal" a été compliqué car, certes, je réalisais mon rêve, mais en perdant une partie de moi et de mon identité. Je ne me connaissais qu’obèse et je ne me reconnaissais pas. Si bien que j’ai eu du mal à m’approprier mon nouveau corps et ma nouvelle image quand mon poids s’est stabilisé au bout de 9 mois. Le changement avait été trop rapide.

Je peux m’habiller, lacer mes chaussures…

Peu à peu, j’ai apprivoisé ma nouvelle image en savourant la facilité des gestes du quotidien. Je peux me laver, m’habiller, lacer mes chaussures, jouer avec mes petits-enfants, m’asseoir dans un fauteuil de café sans risquer de le briser, entrer dans n’importe quelle voiture, passer le portillon du métro…

Les rapports charnels sont aussi plus simples et plus variés avec mon épouse, une femme exceptionnelle sans qui je n’aurais pas tenu. Pour achever ma reconstruction physique, j’ai effectué de la chirurgie réparatrice, car la peau ne se retend pas après une si grande perte de poids, il faut donc ôter l’excédent. Aujourd’hui, je vis enfin pour de bon. J’ai à nouveau confiance en moi, mais ce n’est pas simple pour autant, car je suis à la fois le même homme, au fond de moi, et une autre personne, qui est enfin acceptée par la société et dans le cercle de la normalité. Le regard des autres a tellement changé…

J’aurais tant aimé que l’on m’apprécie gros

Dernièrement, une caissière de supermarché m’a dit "bonjour" pour la première fois en 20 ans. Elle ne m’avait jamais vu. Ça fait mal, car cela pointe le rejet dont j’ai été victime. J’aurais tant aimé que l’on m’apprécie gros. Je découvre également que l’on peut me sourire dans un magasin ou dans la rue. Je ne sais pas toujours comment réagir, c’est si nouveau…

Avoir maigri a aussi eu un retentissement sur ma vie sociale, que j’ai dû modifier. La nourriture ne constituait, en effet, qu’une petite partie des causes de mon obésité. Pendant toutes ces années, je ne savais pas dire non. Ou plutôt, j’avais l’impression de ne pas avoir le choix et je prenais en charge tous les soucis de mes proches. M’occuper de moi était relégué au second plan. À présent, j’existe, je me sens comme une chrysalide devenue papillon et je déploie mes ailes pour savourer la vie.

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