samedi , 4 avril 2020
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Trop de produits dangereux pour la sécurité des consommateurs vendus en ligne


Comme pour les médicaments, il convient de se montrer très prudent lors d’achats de produits d’usage courant sur Internet. Une récente étude menée par six groupes de consommateurs* du réseau BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs) met en garde contre les « marketplaces », soit les sites les plus importants de ventes en ligne (Amazon, AliExpress, eBay et Wish). Ces organismes ont acheté 250 produits sur ces sites, analysé leur sécurité auprès de laboratoires certifiés dans différents pays et ont constaté que deux produits sur trois ne répondent pas aux règles européennes en matière de sécurité, ce qui rend illégale leur commercialisation sur le marché européen.

Les produits ont échoué aux tests de sécurité en raison d’un large éventail de problèmes mais les principales raisons pour lesquelles ces derniers ont été recalés sont une mauvaise qualité de fabrication ou la présence de substances chimiques indésirables : des détecteurs de fumée qui ne fonctionnent pas, des jouets contenant des substances chimiques 200 fois supérieures à la limite autorisée, des chargeurs USB qui fondent, des vêtements pour enfants risquant de provoquer une suffocation, des dentifrices blanchissants contenant beaucoup trop de peroxyde d’hydrogène… « Dans certains scénarios, cela pourrait mettre les consommateurs dans une situation de vie ou de mort », affirme le BEUC.

Les produits en cause ne sont pas retirés définitivement

Par exemple, en ce qui concerne les produits de type électrique (chargeurs USB, adaptateurs de voyage et batteries d’alimentation) trois tests de sécurité électrique sur quatre ont échoué. Les produits testés étaient souvent bon marché et de marques inconnues ou sans marque. Un constat également établi en France par l’organisme UFC-Que Choisir dans sa récente enquête révélant que la plupart des chargeurs de smartphones achetés sur des marketplaces sont non conformes voire très dangereux. De même, quatorze vêtements sur seize testés ne respectaient pas les normes de sécurité de l’UE parce que leurs cordons sont trop longs ou présents dans des endroits où ils ne sont pas autorisés à l’être.

L’autre volet inquiétant de l’enquête est le fait que bien que ces marchés en ligne semblent souvent supprimer ces produits dangereux lorsqu’ils sont informés, ils réapparaissent souvent sur ces mêmes plateformes. « C’était par exemple le cas de jouets pour enfants en plastique achetés sur Wish, Amazon et eBay, ou d’un jouet de dentition acheté sur Amazon », précise Test Achats. La raison est simple selon les experts : ces sites ne se considèrent pas comme responsables de la sécurité des produits qu’ils vendent et ne semblent donc pas contrôler suffisamment la fiabilité des fournisseurs en amont. La seule manière d’arranger la qualité de leur offre serait d’engager la responsabilité des sites qui les hébergent.

« Les règles concernant la sécurité des produits en ligne ratent leur objectif »

« Les groupes de consommateurs ont signalé à plusieurs reprises des produits dangereux, après quoi les marchés les ont supprimés. Mais cela ne peut pas devenir un modus operandi pour assurer la sécurité des consommateurs, car des produits similaires réapparaissent », explique Monique Goyens, directrice générale du BEUC. « Il est temps que l’UE rende les marchés en ligne responsables des produits dangereux vendus sur leurs sites, et que les autorités les placent sous un examen plus approfondi. Cela devrait rendre les marchés en ligne plus prudents à l’avenir et empêcher les consommateurs d’être exposés à des produits dangereux en premier lieu, moyen le plus efficace pour les protéger. »

« Les règles actuelles concernant la sécurité des produits en ligne ratent leur objectif », affirme pour sa part Test Achats, qui demande que le cadre règlementaire européen soit revu afin de renforcer la responsabilité de telles plateformes. A commencer par prévoir un délai de 24 h pour retirer tout produit signalé comme dangereux, sous peine de sanctions. Selon l’organisme, les autorités publiques devraient également disposer des moyens et outils nécessaires pour effectuer un contrôle efficace du marché, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Ce dernier a par ailleurs informé le Commissaire européen en charge de la protection des consommateurs de ses constats et revendications. 

*Consumentenbond (Pays-Bas), Which (Royaume-Uni), Stiftung Warentest (Allemagne), Altroconsumo (Italie) et Forbrugerrådet Tænk (Danemark).


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