samedi , 26 septembre 2020
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Un appel à volontaires pour une étude sur la cigarette électronique


En 2018, l’AP-HP lançait « ECSMOKE », une étude nationale dans plusieurs hôpitaux et un dispensaire* pour évaluer l’efficacité de la cigarette électronique avec ou sans nicotine en comparaison à un médicament comme aide au sevrage tabagique, la varénicline. L’objectif était d’inclure 650 personnes fumant au moins 10 cigarettes par jour, âgées de 18 à 70 ans et souhaitant arrêter de fumer. L’institution avait fait savoir que les résultats de cette première étude seront publiés environ quatre ans après le démarrage des inclusions, les chercheurs y participant devant déterminer si la cigarette électronique peut figurer parmi les dispositifs approuvés comme aide au sevrage tabagique.

Deux ans plus tard, l’AP-HP annonce que depuis le lancement de l’étude, 328 fumeurs ont déjà été inclus et que les équipes en charge de celle-ci poursuivent le recrutement de patients avec toujours l’objectif d’inclure un minimum de 650 fumeurs. Le fonctionnement reste le même, à savoir que des médecins spécialisés dans le sevrage tabagique prendront en charge chaque fumeur participant à l’étude pendant six mois. Les participants se voient fournir une cigarette électronique à puissance réglable et des liquides spécifiques saveur tabac blond (soit avec 12 mg/ml nicotine, soit sans nicotine) et des comprimés de varénicline, médicament actif d’aide à l’arrêt du tabac, ou sa version placébo.

« Les traitements seront mis à disposition gratuitement et la prise en charge inclura également des conseils d’aide à l’arrêt», précise l’AP-HP, qui met à disposition une vidéo explicative concernant l’étude. Les participants sont répartis par tirage au sort dans trois groupes : groupe placebo (comprimés placebo + liquides sans nicotine), groupe nicotine (comprimés placebo + liquides avec nicotine) et groupe varénicline (comprimés de varénicline + liquides sans nicotine). Pour chaque fumeur, l’arrêt du tabac devra survenir dans les 7 à 15 jours suivant le démarrage de l’étude et pour ce faire, une consultation de tabacologie aura lieu avant le démarrage du traitement puis six visites seront programmées.

L’évaluation du sevrage tabagique se fera à travers des examens cliniques, biologiques et par des questionnaires. Le critère principal est le taux d’abstinence tabagique continu au cours des quatre dernières semaines d’une période de traitement de trois mois. « Les participants qui seraient amenés à rechuter feront toujours partie de l’étude et seront suivis de la même manière », précise l’AP-HP.

En France, on estime à environ 1,7 million le nombre d’utilisateurs quotidiens de produits du vapotage mais les connaissances exactes et détaillées concernant l’efficacité de ces produits et le risque associé à leur utilisation manquent afin de proposer la cigarette électronique comme aide au sevrage tabagique.

Les bénéfices/risques de la cigarette électronique étudiés par les agences sanitaires

En effet, si plusieurs méthodes sont reconnues comme efficaces pour arrêter de fumer (thérapies comportementales et cognitives, traitements substitutifs nicotiniques, Tabac info service…), d’autres nécessitent encore d’être évaluées et c’est le cas pour la cigarette électronique. Comme l’explique Santé Publique France, « son usage s’est diffusé de façon importante depuis le début des années 2010. Malgré des remontées du terrain plutôt encourageantes de la part des professionnels de l’arrêt du tabac, on manque encore de recul et de données scientifiques robustes sur ses effets en termes d’aide à l’arrêt du tabac, son innocuité et son effet « porte d’entrée » vers le tabagisme, notamment parmi les jeunes. »

Le Haut conseil de la santé publique a actualisé en 2016 son avis sur le sujet, celui-ci étant mitigé. Il ressort en effet que la e-cigarette peut être considérée comme une aide au sevrage tabagique et peut constituer un outil de réduction des risques du tabagisme. Reste que pour les usagers qui utilisent à la fois du tabac et une cigarette électronique, « le débat reste ouvert ». Mais l’instance estime également qu’elle pourrait constituer une porte d’entrée dans le tabagisme, avec qui plus est un risque de « renormalisation de la consommation de tabac ». Enfin, les experts sanitaires ne savent pas précisément si l’utilisation prolongée de ce dispositif peut provoquer en contrepartie d’autres effets sur la santé.

*Angers, Bordeaux, Caen, Clamart, Clermont-Ferrand, La Rochelle, Lille, Lyon, Nancy, Nîmes, Paris (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière et Hôpital Tenon) et Poitiers.

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