vendredi , 22 novembre 2019
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un dossier de La Presse fait réagir

Un dossier publié par La Presse+ ce matin, au sujet de pressions
spirituelles sur des patients hospitalisés, a fait réagir plusieurs spécialistes et groupes du monde de la santé.

Mathieu PerreaultMathieu Perreault
La Presse

> Lisez le reportage de Marie-Claude Malboeuf

Sur son compte Twitter, la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ) a déclaré qu’« il est inacceptable que des patients soient exposés à du harcèlement religieux ou spirituel dans les corridors d’hôpitaux ou de CHSLD et que pire, du personnel y prenne part ».

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a fait part de son « extrême » préoccupation, dans un message envoyé à La Presse.

« Les personnes hospitalisées et les personnes vivant en CHSLD ont droit à un environnement serein, paisible et exempt de toute dérive religieuse, a dit Mme McCann. Les situations rapportées dans l’article sont inacceptables. »

Le psychiatre Yves Quenneville, spécialiste des soins palliatifs, a pour sa part écrit sur Twitter qu’« en 30 ans de pratique de soins palliatifs, il a fallu en débusquer, démasquer et expulser… leur infiltration est insidieuse. Les dommages désastreux. »

Yves Casgrain, ancien directeur de la recherche d’Info-Secte, a confié, toujours sur Twitter, que « malgré ma longue expertise dans ce domaine, je suis toujours aussi bouleversé par ces histoires potentiellement dommageables pour les victimes ».

Un hémato-oncologue du CHU de Québec, Maxime Chénard-Poirier, a pour sa part indiqué que « trop souvent, clientèle vulnérable égale opportunité pour personne mal intentionnée. On doit être plus vigilant. »

Le reportage de Marie-Claude Malbœuf révélait que depuis janvier, l’Association des intervenants et intervenantes en soins spirituels du Québec (AIISSQ), a envoyé au moins cinq messages au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) au sujet de ces abus spirituels. « Des groupes fondamentalistes aux théologies toxiques » s’infiltrent et commettent des abus spirituels, dénonce un courriel de l’AIISSQ envoyé le 8  août au MSSS.

Parmi les abus recensés par le reportage, des intervenants qui disaient aux patients que l’aide à mourir était « un meurtre » et menait en enfer, que Dieu « ne voulait pas » que le patient change de sexe, ou que le patient était malade « à cause de ses péchés ».

Mme McCann a précisé qu’« en mars dernier, le CHU de Québec a reçu, par l’entremise du Centre de Spiritualité santé, le mandat de coordination de la révision des orientations ministérielles pour l’organisation des services d’animation spirituelle pour l’ensemble des établissements du réseau au Québec. Le mandat vise notamment à répondre aux inquiétudes soulevées par l’Association des intervenants en soins spirituels. Nous nous assurerons de mettre en place des mesures pour protéger les usagers et nous assurer qu’ils soient traités dans le plus grand respect. »


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