vendredi , 11 décembre 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Un lien entre le nombre d’accouchements d’une femme et la façon dont elle vieillit

Un lien entre le nombre d’accouchements d’une femme et la façon dont elle vieillit


Avoir un ou plusieurs enfants donne souvent l’impression d’avoir pris assez rapidement un méchant “coup de vieux”. Eh bien si l’on en croit une nouvelle étude scientifique, ce n’est pas qu’une impression : le nombre de fois que l’on accouche a bien une incidence sur le vieillissement biologique d’une personne. 

Dans une étude parue ce 25 novembre dans la revue Scientific Reports, des chercheurs de l’Université d’État de Pennsylvanie ont utilisé les données de santé de 4 418 femmes, collectées entre 1999 et 2010. Ils ont recensé les données sur le nombre de grossesses (aboutissant à une naissance vivante) par femme et les ont comparées aux données issues de divers prélèvements biologiques utilisés comme biomarqueurs du vieillissement. Ces neuf biomarqueurs étaient conçus pour évaluer la santé métabolique, la fonction rénale et hépatique, l’anémie et les troubles des globules rouges, ainsi que la fonction immunitaire et l’inflammation.

Verdict : les femmes qui avaient eu peu d’enfants ou pas du tout, ou au contraire beaucoup d’enfants (plus de 4 enfants en moyenne) avaient tendance à vieillir plus vite que celles qui avaient eu entre 2 et 4 enfants. Et ce quelle que soit la méthode utilisée pour évaluer le vieillissement biologique. Notons que ces observations valent pour les femmes ménopausées au moment de l’étude, car aucun résultat significatif de ce type n’a été retrouvé chez les femmes non ménopausées. Il semblerait donc que les “méfaits” pour le vieillissement de la parité (le fait d’avoir eu des enfants ou non, et combien) ne soient visibles qu’une fois la ménopause installée.

Nos résultats suggèrent que la grossesse et l’accouchement peuvent contribuer au changement et à la dérégulation de plusieurs systèmes physiologiques différents qui peuvent affecter le vieillissement une fois qu’une personne est post-ménopause”, a commenté Talia Shirazi, doctorante en anthropologie biologique et coauteure de l’étude. “Cela est cohérent avec les changements métaboliques, immunologiques et endocrinologiques qui se produisent dans le corps pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi qu’avec les divers risques de maladie associés à la grossesse et à l’investissement reproductif en général”, a-t-elle ajouté.

Pour la chercheuse, il existerait une sorte de compromis pour le corps entre vieillissement et reproduction. Les scientifiques ont en effet observé une courbe en U : les femmes ayant en moyenne deux à quatre enfants avaient moins de signes de vieillissement que les femmes ayant eu moins (ou pas) d’enfants, mais aussi moins que celles ayant eu plus de quatre enfants.

Les chercheurs entendent poursuivre leurs travaux afin d’en savoir plus sur les processus pouvant être impliqués dans ce lien de corrélation entre nombre d’accouchements et vieillissement biologique. Car pour l’heure, ils n’ont que des hypothèses.


Première apparition