mercredi , 23 octobre 2019
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Un poids élevé chez les adolescents favorise une crise cardiaque avant 65 ans

Selon une nouvelle étude, les adolescents en surpoids ou obèses risquent davantage d’avoir une crise cardiaque avant d’être en âge de prendre leur retraite. L’augmentation du risque débuterait avec un indice de masse corporelle considéré comme normal, puis augmenterait progressivement jusqu’à tripler pour les personnes souffrant d’obésité sévère.


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Le surpoids et l’obésité sont diagnostiqués par le calcul de l’indice de masse corporelle ou IMC qui s’obtient en divisant le poids par la taille au carré d’une personne. « C’est un outil de mesure simple, utilisé couramment pour estimer la corpulence d’une personne », affirme l’Assurance maladie qui précise que le surpoids est défini par un IMC compris entre 25,0 et 29,9 kg/m² et l’obésité par un IMC égal ou supérieur à 30,0 kg/m². Des chercheurs de l’Université de Göteborg, en Suède, ont utilisé cette unité de mesure pour étudier chez près de 1,7 million de garçons âgés de 18 ans le possible lien entre cette dernière et le risque accru de crise cardiaque (ou infarctus) avant l’âge de 65 ans.

L’étude dévoilée à l’occasion du Congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) de 2019 comprenait des participants suédois nés entre 1950 et 1987 et ayant souhaité s’enrôler dans le service militaire à l’âge de 18 ans. Tous les participants ont été soumis à des examens médicaux approfondis, tels que les mesures de leur IMC et de leur pression artérielle, et à des tests pour mesurer leurs capacités musculaires et cardiovasculaires. Ces hommes ont été suivis entre 1969 et 2016, soit une durée de 46 ans. Une période pendant laquelle les chercheurs ont enregistré le nombre de participants ayant eu une crise cardiaque mortelle ou non mortelle : 22 412 en tout à un âge moyen de 50 ans.

« Nous préconisons une surveillance étroite de l’IMC pendant la puberté »

L’équipe scientifique a constaté que l’augmentation de l’IMC à partir de 18 ans était associée à un risque élevé de crise cardiaque avant l’âge de 65 ans, même après ajustement des facteurs que sont l’âge, l’éducation des parents, la tension artérielle, la force musculaire et la condition physique. « Nous montrons que l’IMC chez les jeunes est un marqueur de risque fort qui persiste pendant la vie. Notre étude préconise une surveillance étroite de l’IMC pendant la puberté et la prévention de l’obésité par une alimentation saine et l’activité physique. Les écoles et parents peuvent jouer un rôle en encourageant les adolescents à passer moins de temps devant un écran et à manger sainement », expliquent les chercheurs.

L’augmentation du risque a débuté à un IMC de 20 kg/m², un niveau considéré comme normal, puis a augmenté pour aboutir à un risque de crise cardiaque près de 3,5 fois plus élevé chez les personnes souffrant d’obésité sévère (IMC égal ou supérieur à 35). Comparés aux adolescents dont l’IMC était compris entre 18,5 et 20,0 kg/m², les rapports de risque pour une crise cardiaque étaient respectivement de 2,64 et 3,05, pour des IMC compris entre 27,5 et 29,9 kg/m² et entre 30 et 34,9 kg/m² (obésité modérée). Commentant les raisons pour lesquelles le risque débute à partir d’un IMC normal, les chercheurs expliquent qu’il s’agit d’une étude basée sur une population, « ce qui signifie que nous ne rapportons que des associations. »

Prévenir le surpoids et l’obésité dès l’enfance

Quant aux mécanismes en cause, ils estiment que les personnes dont l’IMC est supérieur à celui correspondant à une corpulence normale sont plus susceptibles de présenter une modification de leur métabolisme lipidique et un stress oxydant qui contribuent à la survenue d’athérosclérose, communément appelée « durcissement des artères ». Or, l’obstruction de certaines artères due à l’athérosclérose est une cause fréquente de crise cardiaque. « Alors que la prévalence de l’embonpoint et de l’obésité chez les jeunes adultes continue d’augmenter, nous pourrions constater une augmentation correspondante des taux de crises cardiaques dans le futur », soulignent les chercheurs.

Ces derniers appellent donc les parents, écoles et décideurs politiques à mettre en place des actions urgentes « pour mettre fin à l’épidémie d’obésité chez les enfants ». A noter que la Fédération française de cardiologie met en garde contre neuf facteurs de risque de crise cardiaque qui relèvent du mode de vie, en premier lieu une alimentation trop riche en graisses saturées, le tabagisme, l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle, le diabète, la sédentarité et l’obésité abdominale. Quant à la prévalence de l’obésité chez les adolescents en France, celle-ci est en augmentation selon un récent rapport de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) : en 2017, 18 % des adolescents en classe de troisième sont en surcharge pondérale et 5 % sont obèses. 

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