mardi , 28 janvier 2020
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Un régime riche en graisses nuit à la création de nouveaux neurones


Quel que soit l’âge, l’alimentation est indispensable pour la santé du corps mais aussi du cerveau. Et pour prendre soin de ses neurones, des chercheurs de la Society for Neuroscience, organisation de scientifiques et de médecins voués à la compréhension du cerveau et du système nerveux, déconseillent un régime alimentaire trop riche en gras. Leur étude publiée dans la revue « eNeuro » affirme en effet qu’un régime riche en mauvaises graisses limite la naissance et la croissance de nouveaux neurones, un processus qu’ils appellent « neurogenèse hippocampique » lorsque le cerveau forme de nouveaux neurones dans la partie du cerveau qui contrôle certains processus émotionnels et la mémoire.

Selon les chercheurs, cette découverte pourrait expliquer pourquoi les troubles métaboliques comme l’obésité et le diabète de type 2 sont associés à un risque accru de troubles cérébraux allant de la dépression à la maladie d’Alzheimer. « La naissance et le développement de nouveaux neurones, la neurogenèse, peuvent être un lien entre ces deux types de conditions. L’hippocampe, zone du cerveau impliquée dans la mémoire et les processus émotionnels, est un site connu de la neurogenèse.», expliquent-ils. Pour en venir à cette conclusion, ils ont nourri un groupe de souris mâles et femelles avec un régime riche en graisses et un autre groupe avec un régime équilibré pendant 18 semaines.

Que manger pour bien nourrir son cerveau ?

Les résultats ont montré qu’un régime riche en graisses a provoqué une prise de poids et une glycémie élevée chez les souris mâles et femelles, mais seules les souris femelles ont présenté une neurogenèse altérée dans l’hippocampe. Les chercheurs précisent que « les souris femelles qui ont suivi un régime riche en graisses avaient moins de neurones « nouveau-nés » et en développement, tandis que les mâles avaient le même nombre de nouveaux neurones que les souris témoins. » Selon eux, cette particularité offre un aperçu supplémentaire de la raison pour laquelle les femmes sont plus susceptibles de connaître un niveau plus élevé de déclin cognitif en cas de dépression ou maladie d’Alzheimer par rapport aux hommes.

L’équipe scientifique souhaite mener des recherches plus approfondies dans ce domaine dans le but d’élaborer des mesures de prévention et des traitements basés sur le métabolisme des troubles cérébraux. A noter cependant qu’il faut établir une distinction entre les « bonnes » et les «mauvaises » graisses. Alors que la consommation d’acides gras insaturés que l’on trouve dans les huiles (colza, noix, olive), oléagineux (avocat, noix, noisettes…) et certains poissons (saumon, sardine, maquereau…) est à privilégier, celle des acides gras saturés (pâtisseries, barres chocolatées, biscuits, produits frits) et des acides gras trans (huiles ou graisses partiellement hydrogénées) est à limiter le plus possible.

Comme l’explique la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau, il est recommandé de veiller à consommer des oméga-3 et acides gras polyinsaturés (poissons gras, huiles de noix et de soja…), connus pour être impliqués dans les processus de neurotransmission, de survie des cellules, dans la neuro-inflammation et qui, par conséquent, agissent sur l’humeur et la cognition. « Des recherches montrent les dégâts au niveau cérébral que peuvent provoquer les régimes déséquilibrés, trop riches en graisses et en sucres, qui deviennent de plus en plus répandus. Force est de constater que l’importance de l’alimentation dans le développement ou dans le bon fonctionnement du cerveau n’est plus à démontrer. », souligne l’organisme.

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