lundi , 21 septembre 2020
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Un spray nasal pour bloquer l’infection des cellules pulmonaires par le SARS-CoV-2

Une équipe de recherche a développé un leurre capable de bloquer, de façon irréversible, le virus SARS-CoV-2 en l’empêchant d’infecter les cellules pulmonaires. Cette découverte innovante pourrait constituer une solution thérapeutique alternative à la vaccination.


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Face à l’épidémie de coronavirus, la course est lancée dans le monde et notamment en France pour le développement d’un vaccin efficace contre le SARS-CoV-2. On l’imagine bien sûr sous forme de piqûre mais la solution pourrait bien provenir d’un tout autre procédé. Des chercheurs français dont le Pr Philippe Karoyan du Laboratoire des Biomolécules de la Sorbonne travaillent sur un spray nasal, dont les résultats des premiers essais menés en laboratoire sur des cellules pulmonaires humaines ont été pré-publiés sur le site « BioRxiv ». La clé de son élaboration concerne une protéine présente à la surface du SARS-CoV-2 appelée « SPIKE », qui est à l’origine de la contagiosité et de la capacité de transmission élevée du virus.

En effet, pour infecter son hôte, le virus SARS-CoV-2 se fixe à une protéine présente à la surface des cellules, notamment pulmonaires, le récepteur ACE2, ceci grâce à cette fameuse protéine « SPIKE ». En effet, ACE2 est une protéine clé dans la physiologie du Covid-19, nécessaire à l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules de l’hôte. Sur ce sujet, l’Inserm indique que « lorsque le virus interagit avec ce récepteur, la balance entre vasoconstriction et vasodilatation serait modifiée. De ce point de départ découleraient différentes conséquences cliniques observées au cours de l’infection par le nouveau coronavirus. » La stratégie thérapeutique consiste quant à elle à « tromper » le virus.

Un traitement qui peut être développé en peu de temps

Comment ? Comme l’explique Le Parisien, les scientifiques ont créé des molécules appelées « peptides » qui imitent les récepteurs ACE2 des cellules saines : elles font office de « leurre ». Ces peptides vont se fixer sur la protéine SPIKE pour empêcher le coronavirus de se fixer aux cellules de l’organisme. L’interaction entre ces « mimes peptidiques » et la protéine virale SPIKE est si forte qu’elle est irréversible, les mimes s’agglutinant à la surface du virus. Bien que cette découverte nécessite plus de recherches, les chercheurs estiment que ces premiers tests ont leur importance car à ce jour, les vaccins cliniquement approuvés ou les médicaments spécifiques contre les cibles du SRAS-CoV-2 font défaut.

Comme ce procédé ne présente aucune toxicité pour les cellules pulmonaires, celui-ci pourrait permettre de bloquer l’infection de manière préventive. « Cibler la prophylaxie (processus actif ou passif ayant pour but de prévenir l’apparition, la propagation ou l’aggravation d’une maladie) dans un premier temps permettrait de contourner le paradigme classique de temps de développement d’un nouveau médicament », indiquent les chercheurs. Si le spray nasal semble être la voie d’administration privilégiée, ces derniers n’excluent pas de créer un spray oral ou des pastilles sublinguales : « tout dépend des moyens financiers que nous allons réussir à décrocher », indique le Pr Karoyan au Parisien.

Le journal précise que l’équipe scientifique a déposé un brevet (licencié à la Start-up χ-Pharma) dès le mois de mai, confiants de leur découverte. Les prochaines étapes consistent à attendre l’évaluation et la publication de ces recherches puis à mener des expériences in vivo. « Nous sommes en discussion avec de nombreux groupes pharmaceutiques à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. Côté français, Sanofi n’a pas daigné nous répondre. Si quelqu’un est prêt à investir ne serait-ce qu’un million d’euros, nous pourrions proposer un produit formulé avant la fin de l’année », précise Philippe Karoyan au quotidien. A noter qu’une étude américaine similaire, non publiée dans une revue à comité de lecture, a obtenu des résultats semblables.

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