dimanche , 22 septembre 2019
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Un syndicat de gynécologues menace d'une grève des IVG


La menace est « totalement contraire à la déontologie médicale », dénonce l’Ordre des médecins. Dans un mail envoyé ce mercredi 13 mars, le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof) demande à 2 000 de ses adhérents de se « tenir prêts à arrêter la pratique des IVG ». La pression d’une grève des interruptions volontaires de grossesse est ainsi brandie pour faire entendre ses revendications au ministère de la Santé.

Le syndicat demande que le fonds de garantie de la profession, le FAPDS, couvre mieux les praticiens condamnés pour des erreurs médicales. Une quinzaine gynécologues-obstétriciens, sanctionnés entre 2002 et 2012, seraient concernés par ce « défaut de protection ». À l’époque de leurs sanctions, le fonds était plafonné à des hauteurs de 3 à 6 millions d’euros, pour des condamnations pouvant dépasser les 10 millions. « On a l’impression que ce fonds est un leurre, car il ne fonctionne pas avec les douze premiers cas », explique au Monde Jean Marty, ex-président du Syngof et membre de son conseil d’administration.

Une menace fermement condamnée

La provocation, fermement condamnée par l’Ordre des médecins et de nombreuses associations, est assumée par le syndicat. Il déclare vouloir « faire scandale » sur un sujet « trop technique pour intéresser la presse », et espère ainsi d’obtenir un rendez-vous avec Agnès Buzyn. « Je suis désolé de devoir brandir une menace, mais toucher à un tabou est la seule façon d’être pris en considération lorsqu’un problème important n’est pas pris en compte, continue Jean Marty. Le Syngof n’a pas de problème avec l’IVG, la société en a un. »

Dans un communiqué, la ministre de la Santé dénonce quant à elle le « caractère inadmissible de ces menaces qui vont à l’encontre du respect inconditionnel du droit à l’IVG garanti dans notre pays ». « Une telle prise en otage des femmes ne peut servir de levier de négociation et de médiatisation de ce dossier que le ministère suit de très près », ajoute-t-elle.

Pour Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, « la simple existence de ces menaces est une honte ». Car « partout dans le monde les droits des femmes sont menacés, parfois par des gouvernements, parfois par des groupes d’intérêt, des ONG, des syndicats » a-t-elle déclaré, alors qu’elle prononçait justement un discours sur les IVG depuis le siège des Nations unies à New-York.

En septembre dernier, le Syngof s’était déjà trouvé au cœur d’une polémique. Son président, le Dr Bertrand de Rochambeau, avait assimilé l’IVG à un « homicide », estimant ne pas être « là pour retirer des vies ».

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