vendredi , 13 novembre 2020
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Une base de données pour connaître l’impact environnemental de son alimentation

Il est désormais possible de découvrir l’impact environnemental de son assiette grâce à la plateforme « AGRIBALYSE », mise au point par l’Ademe et l’Inrae. A l’heure de la prise de conscience des consommateurs sur les enjeux environnementaux de l’alimentation, cette dernière met à disposition des données de référence pour les produits agricoles et alimentaires à travers une base de données qui prend en compte différents indicateurs (eau, air, sol…) pour améliorer les pratiques.


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Les consommateurs témoignent d’attentes de plus en plus fortes en matière de transparence sur les produits consommés. Le logo Nutri-Score apposé sur certains emballages permet par exemple d’améliorer la qualité nutritionnelle de leurs achats. Dans un contexte préoccupant de santé publique mais aussi pour la durabilité de la planète, deux agences, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement),ont mis au point la base de données AGRIBALYSE, qui permet de connaître l’impact environnemental d’un produit alimentaire, depuis sa production agricole (champs) jusqu’à son achat ou sa préparation (assiette). Cet outil disponible en ligne est mis à disposition des industriels, producteurs mais aussi des consommateurs.

AGRIBALYSE est présentée comme « la plus complète des bases de données pour mesurer les impacts environnementaux de l’alimentation. » Celle-ci fournit des données de référence sur les impacts environnementaux des produits agricoles et alimentaires : elle contient à la fois des données sur les produits agricoles bruts (bœuf, blé…) à la sortie de la ferme et sur des produits dits transformés (burger, baguette de pain…) prêts à être consommés. La collecte des données prend en compte 14 indicateurs pour l’ensemble du cycle de vie d’un produit, dont le changement climatique, l’usage des terres, la consommation d’eau et de ressources non renouvelables ou encore d’énergies fossiles.

Découvrir le coût de production que représente un aliment

Pour tout à chacun, son utilisation permet d’évaluer l’impact des produits alimentaires consommés. Mais les deux agences espèrent surtout que « les données AGRIBALYSE doivent pouvoir aider l’ensemble des filières agricoles à améliorer les systèmes de production et à réduire les impacts, sachant qu’un quart de l’empreinte carbone des Français provient de l’alimentation. » L’objectif premier souhaité est donc que tous les acteurs de l’agriculture et l’agroalimentaire utilisent ce nouvel outil pour « mettre en place une stratégie d’écoconception pour réduire l’impact de leur production » et aussi pour communiquer « sur la réduction de leurs impacts auprès des consommateurs. »

Un total de 200 produits agricoles et 2 500 aliments est déjà référencé sur le site. Pour l’association UFC-Que Choisir qui se félicite de la mise en place d’un tel système, « plus le score global est faible, moindre est l’impact environnemental. En moyenne, l’étape la plus coûteuse en termes environnementaux est la production agricole, qu’il s’agisse de produits agricoles ou d’aliments transformés. » Pour un chili con carne par exemple, l’étape la plus impactante sur l’environnement est de loin la production agricole des différents ingrédients (94,2 %). Autre exemple : dans une pizza de type Margherita, le fromage « mozzarella » pèse pour plus d’un tiers de l’impact des ingrédients.

En appui de l’expérimentation sur l’affichage environnemental

Par ailleurs, la plateforme permet de comparer les aliments bruts et cuisinés, et de sensibiliser sur le coût que représente une cuisson. Ainsi, le poids environnemental double entre une carotte crue et une carotte cuite. Pour l’UFC-Que Choisir, il sera donc possible « de comparer deux plateaux-repas différents à la cantine ou de tester des pistes d’écoconception, comme changer les ingrédients d’une recette ou leur mode de production, leur emballage, etc… ». A noter qu’il n’est en revanche pas possible de comparer deux produits en rayon (comme deux yaourts aux fruits différents) car les indicateurs sont établis par famille de produits et non par produit et par marque contrairement au Nutri-Score.

De même, le bien-être animal ou le commerce équitable ne sont pas pris en compte. Pour les deux agences, il s’agit néanmoins d’un premier pas officiel vers un « affichage environnemental ». Car le gouvernement et l’Ademe ont lancé une expérimentation visant à tester différents dispositifs d’affichage environnemental sur les produits alimentaires. L’objectif est d’évaluer leurs effets sur les choix des consommateurs et de les orienter vers une consommation alimentaire plus respectueuse de l’environnement. « Ces expérimentations pourront notamment s’appuyer sur la base de données AGRIBALYSE, pour connaître l’impact environnemental de différentes catégories de produits », concluent-elles.


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