samedi , 29 février 2020
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Une cour d’appel italienne valide le lien entre ondes téléphoniques et tumeur


Bien que les données scientifiques sur le sujet soient pour le moins contradictoires, la justice italienne, par le biais de la cour d’appel de Turin, a estimé qu’une exposition aux ondes téléphoniques pouvait entraîner l’apparition de tumeurs.

La cour d’appel a en effet condamné l’entreprise Telecom Italia à verser des indemnités à l’un de ses salariés, du fait d’une maladie professionnelle.

L’employé en question est atteint d’un neurinome de l’acoustique, une tumeur bénigne (non cancéreuse) également appelé schwannome vestibulaire, qui affecte le nerf auditif. Or, l’homme a utilisé son téléphone à titre professionnel à raison d’environ 4 heures par jour pendant 15 ans, de 1995 à 2010, rapporte le journal il Fatto Quotidiano. Soit une exposition totale aux ondes téléphoniques estimée à 12 600 heures en 15 ans.

Pas de doute possible pour les juges de la cour d’appel de Turin, qui y voient un effet de causalité évident entre l’usage excessif du téléphone et l’apparition de cette tumeur, certes bénigne, mais invalidante. Ils ont ainsi confirmé la condamnation prononcée en 2017 par le tribunal d’Ivrée. L’entreprise Telecom Italia devra ainsi verser une rente viagère à son ex-employé pour “maladie professionnelle”.

Dans leur rapport de 36 pages, qui présente un verdict historique en Italie, les juges mettent par ailleurs en doute la littérature scientifique existante sur la relation entre tumeurs et exposition aux ondes téléphoniques. Ils écrivent ainsi que, selon eux, “une grande partie de la littérature scientifique qui exclut la cancérogénicité […] est en situation de conflit d’intérêts, [situation qui n’est elle-même] qui n’est pas toujours déclarée”, et que dans ce type de cas, “il faudrait accorder moins de poids aux études”.

Interviewé par l’Agence de presse italienne ANSA (Agenzia Nazionale Stampa Associata), Alessandro Vittorio Polichetti, chercheur au sein de l’Istituto Superiore di Sanità (ISS, organe technico-scientifique principal du service national de la santé italien), est bien plus mesuré et ne valide pas cette décision de justice. “L’hypothèse selon laquelle une utilisation prolongée du téléphone portable peut provoquer des tumeurs de la tête n’est pas fondée sur une base scientifique”, estime le chercheur.

Il rappelle que si le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences comme “peut-être cancérogènes pour l’homme”, aucune réelle corrélation n’a été établie, contrairement à l’exposition aux UV, à l’alcool ou encore au tabac, jugés “cancérogènes avérés pour l’homme”.

Source : Ansa.it

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