lundi , 28 septembre 2020
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Une étude révèle le taux de transmission du COVID-19 lors d’un trajet en train


La période estivale ne doit pas être synonyme d’un relâchement dans le respect des gestes barrières contre le nouveau coronavirus et ce même dans les trains permettant de se rendre ou de quitter son lieu de vacances. Des chercheurs de l’université de Southampton (Angleterre) et de l’Académie chinoise des sciences ont mené une étude, publiée dans la revue « Clinical Infectious Diseases », pour savoir s’il était possible d’attraper le COVID-19 dans un wagon de train transportant une personne infectieuse. Oui, affirment-ils mais sous certaines conditions : le risque de contamination dépend directement du siège occupé par rapport à la personne infectée et du temps de trajet partagé.

Les chercheurs ont procédé à une modélisation où les passagers du train sont assis à moins de trois rangées (largeur) et cinq colonnes (longueur) d’une personne infectée. Celle-ci a montré qu’entre 0 et 10% d’entre eux pouvaient attraper la maladie et que le taux moyen de transmission pour ces voyageurs en contact étroit était de 0,32%. Il a également été démontré que les passagers voyageant dans des sièges directement adjacents au patient infecté souffraient du plus haut niveau de transmission, avec une moyenne de 3,5%. Pour ceux assis sur la même rangée le chiffre tombait à 1,5%, tandis que 0,075% des personnes qui utilisaient un siège précédemment occupé par ce patient ont contracté la maladie.

« L’emplacement du siège et la durée du voyage font une différence »

Par ailleurs, les chercheurs sont intéressés au « taux d’attaque » pour chaque siège, soit le nombre de passagers dans un siège donné ayant reçu un diagnostic de COVID-19 divisé par le nombre total de passagers voyageant dans le même siège, sachant que les temps de trajet allaient de moins d’une heure à huit heures. Les résultats ont montré que celui-ci augmente de 0,15% pour chaque heure qu’un passager parcoure avec une personne malade. Pour ceux occupant des sièges proches, ce taux était de 1,3% par heure. Les données utilisées pour cette modélisation couvraient une période comprise entre le 19 décembre 2019 et le 6 mars 2020, et comprenaient 2334 patients infectés et 72 093 contacts étroits.

« Notre étude montre que bien qu’il existe un risque de transmission du COVID-19 dans les trains. L’emplacement du siège d’une personne et le temps de trajet par rapport à une personne infectieuse peuvent faire une grande différence. », explique le Dr Shengjie Lai, auteur principal de l’étude. Pour les chercheurs, ces résultats révèlent l’importance de réduire la densité de passagers et des mesures d’hygiène pendant la pandémie, avec notamment le port du masque et éventuellement des contrôles de température avant l’embarquement. Ils recommandent notamment une distance de sécurité de plus d’un mètre pour une heure de trajet pour les passagers dans la même rangée qu’un malade.

En revanche, si le voyage dure plus de deux heures ces derniers considèrent qu’une distance de 2,5 mètres peut être insuffisante pour empêcher la transmission. « Notre recherche est la première à quantifier le risque individuel de transmission du COVID-19 dans les transports publics en se basant sur les données d’enquêtes épidémiologiques. Cela montre que le risque de transmission ne concerne pas seulement la distance par rapport à une personne infectée, mais aussi le temps passé en sa présence. Nous espérons que cela pourra contribuer à informer les autorités sur les mesures nécessaires pour se prémunir contre le virus et contribuer à réduire sa propagation. », conclut l’équipe scientifique.

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