lundi , 13 juillet 2020
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Vaccin anti-coronavirus : les résultats encourageants d’un vaccin expérimental américain


L’entreprise de biotechnologie américaine, Moderna, a annoncé, lundi 18 mai, que son vaccin expérimental, mRNA-1273, avait permis de générer des anticorps chez huit patients volontaires en pleine santé. Le gouvernement américain aurait investi 483 millions de dollars dans cette jeune société. Mais pour le moment, rien ne prouve que ce vaccin réussisse à neutraliser le virus

Il est fondé sur une technologie appelée RNA messager (qui n’a pas encore prouvé son efficacité). Il a été développé en partenariat avec l’Institut national des maladies infectieuses (NIAID). Mais « Moderna a été l’un des deux premiers à injecter dans des humains son projet de vaccin, le 16 mars”, indique l’AFP, qui précise qu’à ce jour, seuls 12 essais cliniques ont commencé avec des volontaires humains à travers le monde.  

Lundi 18 mai, dans un communiqué de presse, Moderna a fait part de « données intérimaires positives », recueillies au cours de la phase initiale de ses essais cliniques. À ce stade de l’expérimentation, le vaccin aurait déclenché une réponse immunitaire chez huit patients en pleine santé, similaire à celle que l’on observe chez les patients qui ont été naturellement contaminés par le SARS-CoV-2 (à l’origine de la maladie Covid-19).

Les premières données « nous laissent penser que mRNA-1273 a une forte probabilité de créer une protection » contre le coronavirus, a déclaré Stéphane Bancel, directeur général français de Moderna, lors d’une conférence téléphonique.

Très peu d’effets secondaires constatés

La première phase de l’essai réunissait 45 participants âgés de 18 à 55 ans. Son objectif principal était de vérifier que le vaccin n’était pas toxique.  Selon la société américaine, seuls des effets secondaires mineurs ont été constaté, tels que des rougeurs à l’endroit de l’injection. 

Trois groupes de 15 volontaires ont reçu trois doses différentes du vaccin, avec un rappel 28 jours plus tard. Au vu des premiers résultats, les chercheurs projettent d’éliminer la plus forte dose pour la suite des tests : « plus la dose est faible, plus on peut protéger de gens », explique le président de Moderna.

Par ailleurs, des tests menés sur des souris ont montré que le vaccin empêchait le virus de se répliquer dans leurs poumons.

Démarrage de la phase 2 de l’essai clinique

Les résultats complets de la première phase ne sont pas encore connus, et n’ont pas été évalués par des pairs. Cependant, face à l’urgence sanitaire, l’Agence américaine des médicaments (FDA) a déjà donné son feu vert à l’entreprise dans le cadre d’une procédure accélérée au développement.

« La deuxième phase de l’essai commencera d’ici juin sur 600 personnes », a indiqué Stephen Hoge, président de Moderna. La phase la plus importante, la phase 3, devrait débuter en juillet. « Le protocole est en train d’être finalisé avec la FDA ».

Fabrication et distribution du vaccin : les grands défis à venir

Au-delà de l’exploit scientifique, l’émergence d’un vaccin relève surtout du défi en terme de fabrication et de distribution du précieux sérum. Des milliards de doses seront sans doute nécessaire afin de limiter la résurgence planétaire de ce coronavirus. 

De nombreux laboratoires ont ainsi annoncé qu’ils commenceraient à produire les doses nécessaires sans attendre le résultat des essais cliniques. Une prise de risque motivée par l’urgence sanitaire, et largement financée par les Etats et de grandes ONG. Moderna a par exemple annoncé un partenariat avec l’entreprise suisse Lonza, spécialisée dans l’industrie chimique et pharmaceutique, afin de fabriquer jusqu’à un milliard de doses par an.

Source :  Le Figaro Sciences

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