lundi , 21 octobre 2019
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VIH/Sida : un tiers des dépistages sont trop tardifs

L’agence sanitaire Santé publique France vient de publier le bilan de la surveillance du VIH en France sur une période de sept ans, en amont du Sidaction 2019. Ces données indiquent que le nombre de découvertes de séropositivité est désormais stable, une bonne nouvelle en demi-teinte car cela signifie qu’il convient à la fois d’intensifier et de mieux cibler le dépistage pour les populations les plus exposées au virus.


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La lutte contre le virus du sida a changé de visage grâce aux personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), aux chercheurs, aux personnels soignants ou encore aux différentes associations. À tel point qu’il serait possible de croire que le VIH/sida a disparu, après avoir tué plus de 35 millions de personnes depuis les années 1980 selon les chiffres de Sidaction. Malgré les nombreuses avancées comme deux cas de rémission fonctionnelle, le virus est toujours là. Même en France où le nombre de découvertes de séropositivité VIH entre 2010 et 2017 est devenu stable selon le dernier bilan de la surveillance du VIH publié par l’agence Santé publique France.

Ainsi, environ 6 400 personnes ont découvert leur séropositivité en 2017, dont 3 600 (56%) ont été contaminées lors de rapports hétérosexuels, 2 600 (41%) lors de rapports sexuels entre hommes et 130 (2%) par usage de drogues injectables. « Concernant les deux principaux modes de contamination, on observe une stabilité du nombre de découvertes de séropositivité depuis 2010. Chez les usagers de drogues, ce nombre diminue », expliquent les auteurs de l’étude. Par ailleurs en 2017, 5,6 millions de sérologies (étude du sérum, une partie du plasma sanguin) VIH ont été réalisées en laboratoires de biologie médicale, soit une augmentation de l’activité de dépistage de 12% entre 2010 et 2017.

Mieux atteindre les personnes jamais dépistées

Cette augmentation n’est pourtant pas accompagnée d’une hausse du nombre de sérologies positives confirmées, d’où une tendance à la diminution du taux de positivité (de 2,2 à 2,0 pour mille sur la même période). Pour les chercheurs, « ce constat laisse supposer que l’augmentation du dépistage a sans doute peu bénéficié aux populations les plus exposées au VIH ». Parmi les découvertes chez les hétérosexuels en 2017, 75% concernent des personnes nées à l’étranger, principalement en Afrique subsaharienne. Parmi les hommes ayant des rapports avec des hommes (HSH) ayant découvert leur séropositivité cette année-là, 26% étaient nés à l’étranger. Une tendance qui peut être liée à une augmentation du nombre de nouvelles contaminations, mais aussi à un recours au dépistage plus important.

Mais l’agence sanitaire souhaite aussi faire savoir que le bilan est plus mitigé en ce qui concerne les découvertes de séropositivité car près d’un tiers d’entre elles sont toujours trop tardives : 30% des personnes ont été diagnostiquées en 2017 à un stade avancé de l’infection à VIH. Dont la moitié (52%) a concerné des personnes déclarant n’avoir jamais été testées auparavant. Dans les populations où un dépistage régulier est recommandé, hétérosexuels nés à l’étranger et HSH, cette proportion était respectivement de 68% et 33%. Des nouvelles données qui rappellent l’importance de lever les freins au dépistage dans le but de réduire le nombre de personnes qui ignorent leur infection.

Il existe plusieurs outils éprouvés pour se protéger

« L’offre de dépistage en France est variée et s’adapte à tous les modes de vie. Nous devons donc rester mobilisés pour lever les barrières qui peuvent encore exister et permettre à chacun d’en bénéficier », souligne François Bourdillon, directeur général de Santé publique France.

Il existe actuellement quatre méthodes de dépistage distinctes : l’autotest disponible en pharmacie mais non remboursé par l’Assurance maladie avec un résultat en 30 minutes, un test anonyme et gratuit à réaliser dans des associations de lutte contre le VIH habilitées, un test anonyme et gratuit à réaliser dans des CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic) et le test sanguin en laboratoire.

Enfin, Santé publique France souligne l’importance, outre le dépistage et le traitement des personnes séropositives, de promouvoir les autres outils de prévention disponibles. « C’est l’ensemble de ces mesures qui permettra de réduire à terme le nombre de nouvelles contaminations par le VIH, qui sera suivie par une diminution du nombre de découvertes de séropositivité », conclut-elle.

Parmi ces outils : le préservatif, mais aussi la Prep (Prophylaxie pré-exposition), soit l’utilisation d’un médicament antirétroviral à prendre avant et au cours d’une période d’exposition à un risque de contamination. Sans oublier le traitement post-exposition (TPE) donné à une personne séronégative après une prise de risque élevée et le TasP (Treatment as Prevention) qui permet de réduire la charge virale d’une personne séropositive.

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