mardi , 19 mars 2019
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selon l’ONU, Israël pourrait être coupable de « crime contre l’humanité »



La riposte israélienne aux manifestations à Gaza en 2018 « peut constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité ». C’est ce que conclut le rapport d’une commission mise sur pied en mai 2018 par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Elle avait été chargée d’enquêter sur les violences survenues dans l’enclave palestinienne lors des rassemblements hebdomadaires de fin mars 2018 jusqu’à fin décembre. 

« Les soldats israéliens ont commis des violations du droit international humanitaire et des droits humains. Certaines de ces violations peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité et doivent immédiatement faire l’objet d’une enquête par Israël », a déclaré le président de la Commission, Santiago Canton, ce jeudi.

Il présentait les résultats du rapport à la presse depuis l’Office des Nations Unies de Genève. 

« Plus de 6000 manifestants non armés » touchés, dont des enfants

Les réactions des principaux protagonistes ne se sont pas fait attendre. Le Hamas, qui gouverne sans partage la bande de Gaza, a salué le rapport et réclamé que la communauté internationale fasse « rendre des comptes à l’occupant israélien ». Plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères israélien avait dénoncé le « rapport hostile, mensonger et partial contre Israël » produit par « le théâtre de l’absurde pratiqué au Conseil des droits de l’Homme (de l’ONU) ».

Selon la commission, « plus de 6000 manifestants non armés ont été touchés par des tireurs d’élite militaires, semaine après semaine lors des manifestations ».

Les enquêteurs ont également indiqué avoir « trouvé des motifs raisonnables de croire que des tireurs d’élite israéliens ont tiré sur des journalistes, du personnel de santé, des enfants et des personnes handicapées, sachant qu’ils étaient clairement reconnaissables comme tels ».

Des manifestations « de nature civile »

A partir du 30 mars 2018, des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza se sont rassemblés chaque semaine près de la frontière pour la « Marche du retour ». Cette dernière revendique le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël, en 1948.
    
Israël n’a cessé de proclamer que cette protestation massive était orchestrée par le Hamas, le mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza et auquel l’Etat hébreu a livré trois guerres depuis 2008.

Pour les enquêteurs de l’ONU, « les manifestations étaient de nature civile, avec des objectifs politiques clairement énoncés » et « malgré certains actes de violence importante, la commission a estimé que les manifestations ne constituaient pas des combats ou des campagnes militaires ».




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