samedi , 20 juillet 2019
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Sommeil profond: une partie du cerveau en éveil

Au début de la nuit, nous dormons d’un sommeil lent et profond. Pourtant, nous avons des micro-réveils au cours desquels une partie de notre cerveau se réactive. Il s’agit d’une sorte de superposition des états de veille et de sommeil qui peut se traduire par des troubles du sommeil chez les personnes prédisposées. Ces perturbations, appelées «parasomnies», sont assez fréquentes chez les enfants et s’estompent généralement pendant l’adolescence. Toutefois, elles subsistent chez 1 à 2% des adultes.

Terreurs et déambulations

Il arrive que la confusion sème le trouble durant la nuit. On se réveille au début de la nuit et l’on ne sait plus où l’on est. Un phénomène très fréquent chez les moins de 12 ans. Le bambin semble réveillé, mais dort encore profondément. Il grogne, s’agite, pleure, mais reste inconsolable. Il peut aussi avoir du mal à parler, tenir des propos incohérents, voire avoir un comportement violent.

Autre parasomnie: la terreur nocturne. Elle n’a rien d’un banal cauchemar. Après avoir poussé un cri strident, l’individu s’assoit souvent sur son lit, les yeux écarquillés et fixes. Il semble pris de panique, mais se débat lorsqu’on le touche pour essayer de le calmer. Cela peut durer jusqu’à vingt minutes puis, la crise finie, il se rendort, comme si de rien n’était.

Quant au somnambulisme, la personne atteinte déambule pendant la nuit, tout en restant inconsciente de ses mouvements. Parfois, elle se contente de s’asseoir au bord du lit. Elle peut aussi marcher dans la maison ou se lancer dans le nettoyage. Mais ce comportement peut devenir très dangereux, pour lui ou pour les autres, si le somnambule se met en équilibre par exemple sur la fenêtre, prend le volant ou même – c’est arrivé – tue quelqu’un. Et le lendemain, il ne se souvient plus de rien…

Génétique et mode de vie

Ces trois troubles ont souvent une forte composante génétique, mais sont aussi influencés par le mode de vie. Après avoir fait une nuit blanche par exemple, on récupère pendant la suivante en allongeant le temps passé en sommeil profond, ce qui augmente en particulier le risque de faire des épisodes de somnambulisme. Tout ce qui fragmente le sommeil – comme l’apnée ou des bruits dans la chambre – peut avoir le même résultat.

Pour limiter les errances nocturnes, il est donc recommandé aux parasomniaques d’adopter une bonne hygiène de sommeil et d’éviter tout ce qui peut troubler leurs nuits – comme le chat qui rentre régulièrement dans la chambre. Ils doivent aussi veiller à sécuriser leur environnement, en faisant par exemple en sorte de ne pas pouvoir ouvrir les fenêtres pendant la nuit. L’hypnose peut aussi aider les somnambules en les pré-conditionnant à se réveiller complètement au moment où ils se lèvent. Enfin, lorsque les épisodes d’errance nocturne sont fréquents ou que la personne se met en danger, certains médicaments de la famille des benzodiazépines, qui diminuent le sommeil profond, peuvent l’aider. Ceux qui souffrent de ces troubles se plaignent souvent d’être fatigués. Mais ces maux ne cachent ni dysfonctionnement cérébral, ni trouble psychiatrique. Le seul risque qu’ils provoquent est celui de causer des accidents.

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Adapté de J’ai envie de comprendre… Le sommeil, de Elisabeth Gordon, en collaboration avec Raphaël Heinzer & José Haba-Rubio, Editions Planète Santé, 2016.


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