vendredi , 11 décembre 2020
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Magiciens, Bad Boys, La Guille : comment gâter les fans de rugby à Noël

Sport24 a sélectionné quatre ouvrages à glisser sous le sapin pour combler les passionnés de l’Ovalie.

Petites et grande histoires des magiciens fidjiens

Si les arabesques des joueurs au maillot frappé d’un palmier vous fascinent, alors ce livre est pour vous. Une véritable somme sur l’histoire, les enjeux économiques, les stars, les confrontations avec le XV de France et bien d’autres sujets. On y apprend que leur premier match remonte à 1884, à Ba, entre soldats britanniques, stationnés dans l’archipel, et la police locale en majorité des natifs fidjiens. Le poète britannique Rupert Brooke, qui séjourna aux Fidji en 1912 et 1913, raconte le rugby (très) viril, brutal même, des Fidjiens. «La première fois où j’ai joué avec eux, j’ai failli mourir. Un souvenir amer qui me reste encore à travers de la gorge. Après tout le mal qu’ils m’avaient déjà fait, à chaque fois que je m’approchais du ballon, ils me projetaient au sol brutalement et restaient sur moi.» Le premier test officiel, lui, remonte au 18 août 1924 à Apia, la capitale samoane. A 7 heures du matin pour permettre aux joueurs samoans de se rendre à leur travail après la rencontre. Les Fidjiens, tout de noirs vêtus et… pieds nus, s’imposent 6 à 0 malgré la présence d’un… petit arbre sur la ligne médiane ! Il faut attendre 1964 pour la première tournée en Europe, seuls les Gallois et les Français acceptant de les affronter. Après un test perdu à l’Arms Park, 26-22, les Fidjiens disputent quatre matches contre des sélections régionales. Pour une seule victoire, face au Languedoc-Roussillon (20-5) à Perpignan. A Colombes, contre le XV de France, ils s’inclinent largement, 21 à 3. Il faudra attendre 21 ans (1985) pour une nouvelle tournée des Fidjiens en Europe…  Vous apprendrez également que la première star fut l’ailier Josefa Levula, un redoutable sprinteur (10 essais marqués en 15 matches lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande), dit the Flying Fijian. Surnom qui sera par la suite accolé à toute l’équipe fidjienne…

Les Fidjiens, magiciens du rugby. Par Gilles Navarro. Editions Pacifique Au vent des Îles. 25 €.

Guillard, de livres en film

En 2011, ‘’Le Fils à Jo’’, premier film de Philippe Guillard, ex-ailier du Racing version showbiz devenu réalisateur, connaissait un joli succès dans les salles de cinéma. Dix ans plus tard, un joli coffret – rose comme il se doit -, propose le DVD du long-métrage (qui vit, il faut le rappeler, Vincent Moscato, mais aussi Guy Novès, Fabien Pelous et quelques autres figures de l’Ovalie, apparaître sur l’écran) et du making-of. Mais aussi, dans une magnifique reliure de 600 pages, ses deux premiers romans ( »Pourquoi c’est comment l’amour » et l’incontournable  »Petits bruits de couloir ») ainsi que le scénario du Fils à Jo. Pour rire et s’émouvoir à nouveau.

La Guille s’est fait coffret. Editions en exergue. 35 euros

Portrait saignants et bagarres générales

On s’extasie sur les plus beaux essais mais, en vrai, on aime aussi beaucoup ces gros durs, ces Pères Fouettard, ces méchants qui n’hésitent jamais à faire le coup de poing pour imposer leur loi et le respect. Un livre est enfin consacré à ces voyous qui n’ont rien de gentlemen une fois sur le pré. Dont on se délecte de leurs aventures musclées. Après un petit lexique exquis du vocabulaire imagé de ces Bad Boys, place aux portraits saignants des fortes têtes, de Bakkies Botha à Bobby Windsor en passant par Cudmore, Estève ou Palmié. Casier judiciaire, défense, témoignages et dépositions, pour en rire. Le plus brutal reste à venir. Le récit d’une vingtaine de batailles rangées mémorables. Pour frissonner. Quelques frasques de têtes brûlées (Danny Cipirani, Brian Moore, Serge Simon…) et place à ces troisièmes mi-temps qui ont dégénéré. Et de se réjouir d’avoir échappé au pire. Une incursion jubilatoire du côté obscur de la force. Et ne faites pas les vierges effarouchées, ce sont, aussi, des bons souvenirs.

Bad Boys du Rugby. Par François Thomazeau. Editions Solar. 19,90 €.

Dans un voyage en Absurdie…

Ce n’est pas un livre sur le rugby mais un petit dictionnaire écrit par un rugbyman, Serge Simon, également médecin de son état. Le Covid ayant propagé des clusters de mots barbares, l’ancien pilier s’amuse à les définir avec force ironie. Deux extraits parmi la centaine de vocables maltraités lors de ce voyage en Absurdie. «Reconfinement : mythe français censé effrayer la population quand elle se conduit mal.» «Apéro digital : Prendre l’apéro avec l’ordi comme comptoir, faut vraiment avoir la tête près du bonnet pour inventer des trucs pareils.» Les personnalités de cette interminable punition ne sont pas épargnées non plus par le féroce contempteur de ces dérives technocratiques : Bolsonaro, Buzyn, Ndiaye, Raoult, Salomon, Trump ou encore… Saint-Véran ne sont pas vaccinés contre l’humour féroce…

Dictionnaire absurde du Covid. Par Serge Simon. Hugo Doc. 9,95 €


Première apparition