lundi , 24 juin 2019
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Stanislas Guérini a connu un baptême du feu compliqué sur BFMTV

POLITIQUE – Cela ressemblait à un baptême du feu. Pendant 2h30, Stanislas Guérini a essuyé des tirs nourris des quatre représentants de l’opposition qui l’affrontaient lui, et François Bayrou, ce mercredi soir lors d’un débat entre chefs de parti organisé par BFMTV.

Six mois après son intronisation à la tête de La République en marche, le moins connu des représentants en plateau (il faisait face à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez et Olivier Faure) n’était pas dans la situation la plus favorable.

Leader du parti majoritaire, le trentenaire était tenu au cadre fixé par un Emmanuel Macron qui décide de presque tout et il a dû défendre la politique menée depuis 18 mois qui a débouché sur la crise des gilets jaunes. Des choix fiscaux à la privatisation d’ADP en passant par la décision de recourir aux militaires de l’opération Sentinelle pour faire face aux éventuels débordements de l’acte XIX, il a bien souvent été acculé (presque) seul contre tous.

Coincé par l’omnipotence de Macron

« Vous êtes le système », lui a lancé le leader de la France insoumise. « Vous mentez », lui a dit encore à plusieurs reprises le président des Républicains avec qui il a bien souvent croisé le fer.

En défense sur la première partie de l’émission consacré, le député de Paris avait pourtant efficacement défendu les baisses de cotisation sociales décidées entrée en vigueur en 2018. Fiche de paye à l’appui, Stanislas Guérini a martelé que sa majorité oeuvrait pour les travailleurs et voulait baisser les impôts des Français.

Mais il s’est heurté aux attaques de Laurent Wauquiez qui a rappelé les coups portés aux retraités ou à celles d’Olivier Faure selon qui « Emmanuel Macron a porté à incandescence la question des inégalités dans ce pays ». Dans leur viseur, la suppression de l’ISF sur laquelle ni LREM ni l’exécutif ne veulent revenir alors que c’est une revendication majeure des contributeurs au grand débat.

Stanislas Guérini a également été bien en peine de répondre sur la taxation des carburants. Quand le patron de la droite a cherché à savoir si le gouvernement comptait revenir sur l’augmentation des taxes votée en 2018, il s’est contenté de répondre qu’il ne voulait pas de hausse à titre personnel pour les années à venir. Et tant pis si au sein de son camp, certains sont favorables à un retour de la taxe carbone. « Si on veut regarder une taxation carbone, elle doit être partagée et soutenable », a-t-il ajouté.

Motus sur la sortie du grand débat

Avec Laurent Wauquiez, le duel s’est poursuivi sur les réseaux sociaux à propos de l’impôt sur le revenu. Après avoir assuré qu’il n’a jamais proposé une nouvelle tranche, l’équipe du président des Républicains a ressorti un tweet datant de début février. Idem quand, quelque minutes plus tard, la loi anticasseurs s’est invitée dans le débat. Alors que Stanislas Guérini a affirmé que les sénateurs LREM n’avaient pas voté contre, les Républicains ont exhumé les positions de certains parlementaires.

Mais la plus grosse difficulté pour le patron du parti majoritaire est advenue quand il a dû répondre aux questions sur la sortie de crise. C’est Emmanuel Macron tout seul qui détient la clé et aussi proche qu’il soit du chef de l’Etat, Stanislas Guérini ne pouvait pas dire si l’issue du grand débat prendra la forme de lois ou d’un référendum. Il a dû se contenter d’assurer que des mesures fortes seraient prises.

Il a bien fait quelques propositions (suppression totale de la taxe d’habitation, permis de conduire à 17 ans et offert aux jeunes engagés dans le service civique, location de voiture à 50 euros par mois pour les Français aux revenus modestes des zones reculées) mais a paru moins libre que ses rivaux qui pouvaient défendre plus librement leurs idées. Stanislas Guérini a d’ailleurs fini avec le temps de parole le moins important de la soirée.


Première apparition

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