mardi , 23 avril 2019
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Substances chimiques dans les couches pour bébés : quels sont les engagements des fabricants ?


A la suite de la publication d’une expertise de l’Anses sur la présence de substances toxiques dans les couches pour bébés, le gouvernement a convoqué en janvier dernier les fabricants pour exiger qu’ils détaillent leur plan d’action sous quinze jours. En voici les premières lignes, notamment l’objectif d’éliminer les substances allergisantes au plus vite.


© iStock

La majorité des bébés en France porte des couches à usage unique, ce qui représente environ 4000 couches utilisées au cours des trois premières années de leur vie. Le 23 janvier dernier, l’Anses* publiait un avis relatif à la sécurité des couches pour bébé. Ce dernier a fait grand bruit car l’agence concluait que certaines substances chimiques sont présentes dans des quantités « qui ne permettent pas d’exclure un risque sanitaire lié au port de couches ». Parmi les substances les plus en cause, certains HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et certains PCB (polychlorobiphényles), de même que des dioxines et des furanes ainsi que certaines substances parfumantes (Lilial et Lyral…).

L’Agence avait été saisie par le gouvernement au lendemain de la publication, par 60 Millions de consommateurs, d’une première alerte fin janvier 2017. C’est pourquoi celui-ci a tenu à réagir en décidant d’appliquer l’ensemble des recommandations de celle-ci en exigeant notamment des fabricants et des distributeurs qu’ils prennent avant 15 jours des engagements. Quels sont-ils ? Les professionnels se sont engagés en premier lieu à éliminer les substances allergisantes, notamment dans les parfums, dans un délai maximal de trois mois et à réaliser dans un délai d’au plus tard cinq mois, une analyse exhaustive de leurs circuits d’approvisionnement et de fabrication pour établir un plan d’action.

La composition des couches devra être renseignée

Celui-ci se présente en deux axes, à savoir les matières premières et les procédés de fabrication. Dans le premier cas, les professionnels devront réaliser un diagnostic de la qualité de leur approvisionnement en matières premières. « Sur la base de ce diagnostic, ils devront prendre les mesures nécessaires, par exemple : contrôles qualité renforcés à réception, évolution des sources d’approvisionnement ou des dispositions contractuelles les liant à leurs fournisseurs. », explique le gouvernement. Pour le second cas, il s’agit de réaliser un audit détaillé de leurs procédés de fabrication pour identifier les étapes de production pouvant conduire à la formation des substances nocives.

« Sur cette base, les professionnels devront tirer les enseignements nécessaires et, le cas échéant, modifier les procédés de fabrication. », ajoute le gouvernement qui précise par ailleurs que l’information du consommateur doit aussi être améliorée. C’est pourquoi la composition des couches devra être affichée de manière dématérialisée d’ici trois mois puis par étiquetage au plus tard dans six mois. La DGCCRF sera chargée de mener une nouvelle phase de contrôle dans six mois « pour évaluer le respect et l’efficacité des engagements. » Enfin, le gouvernement fait également savoir que la France compte porter au niveau européen la mise en place d’une réglementation spécifique pour les couches.

Le choix des couches lavables et des couches jetables écologiques

De son côté, le Group’hygiène, syndicat professionnel qui représente plus des trois quarts du marché français des couches bébés, selon le Télégramme, a fait part publiquement de ses cinq engagements. Ses fabricants promettent ainsi de mettre en vente des couches-bébés ne comportant pas de substances « intentionnellement ajoutées dans le produit », susceptibles de présenter des effets allergisants cutanés. Il sera également indiqué « dès à présent » leurs composants sur leurs emballages. Ces derniers souhaitent également renforcer leurs exigences tant sur « leur environnement de production qu’auprès des fournisseurs de matières premières via leurs cahiers des charges. »

Enfin, le syndicat se dit prêt à coopérer avec les services de l’État pour définir de manière commune « des méthodologies de test et d’analyse, adaptées aux conditions réelles d’utilisation des produits » et à soutenir l’idée de développer des seuils sanitaires réglementaires au niveau européen. Outre les nombreuses alertes des associations de consommateurs dans ce domaine, l’assocation Santé Environnement France soutient depuis plusieurs années la démarche de remplacer des couches issues majoritairement de produits pétroliers par une couche bio en particulier écolabelisée. Non sans recommander aux parents de privilégier les couches lavables, « moins polluantes et coûteuses, et plus respectueuses. »

Mais de l’aveu même de certains parents, ces couches ne sont pas des plus pratiques car elles nécessitent beaucoup de lavages et donc de temps. Pour les adeptes des couches jetables, il est possible d’éliminer d’office les classiques au profit de marques biologiques, reconnaissables aux labels « FSC » ou « Nordic Swan ». « En partie biodégradables, elles ne sont pas blanchies au chlore et ne contiennent ni métaux lourds, ni résidus chimiques. De plus, elles ne sont pas plus chères tout en étant aussi pratiques et efficaces. », souligne l’Asef. La dernière option consiste à regarder les comparatifs des couches pour bébés effectués fréquemment par l’UFC-Que Choisir et 60 millions de consommateurs.

*Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

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