lundi , 22 avril 2019
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Talamoni soutient Cahuzac et sa volonté d’ouvrir un cabinet en Corse


POLITIQUE – C’est une voix qui compte sur l’Île-de-beauté. Le président indépendantiste de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a pris le parti ce mercredi 20 mars de l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, condamné pour fraude fiscale, qui demande un aménagement de sa peine de 4 ans de prison dont deux avec sursis. Le tout sur fond de dénonciation des déserts médicaux.

« Il serait préférable d’accepter l’idée d’une rédemption et l’installation d’un médecin généraliste en milieu rural, ce qui n’est pas trop fréquent, singulièrement en Corse », a en effet écrit sur son compte Twitter le responsable politique, en ajoutant que « la justice, ce n’est ni la démagogie ni l’acharnement », comme vous pouvez le voir ci-dessous. Une accusation en obstination qui rejoint celle déjà formulée par l’avocat de Jérôme Cahuzac.

Chirurgien avant d’être ministre, celui qui a défrayé la chronique politique en 2013 et abîmé a jamais le quinquennat Hollande a sollicité une autorisation de s’installer en Corse en tant que médecin généraliste, une autorisation pour l’heure suspendue. D’autant que le parquet général de Bastia vient de requérir le rejet de cette demande d’aménagement de peine, devant la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Bastia, qui rendra sa décision le 10 avril.

« Le parquet s’acharne »

« Le parquet général a considéré, comme l’avait fait le parquet d’Ajaccio, que le projet avancé par Jérôme Cahuzac au soutien de sa demande de placement sous surveillance électronique ne répondait pas aux efforts sérieux de réadaptation sociale communément exigés pour bénéficier d’une telle mesure », précisait le procureur général Franck Rastoul.

« Jérôme Cahuzac remplit évidemment tous les critères légaux pour exécuter sa peine dans le cadre d’un placement sous surveillance électronique », avait rétorqué à l’avocat de l’ancien ministre, Antoine Vey, jugeant « regrettable que le parquet s’acharne de la sorte » en faisant croire que son client « solliciterait une mesure exceptionnelle, ce qui n’est pas le cas ».

Le 13 février, un juge d’Ajaccio avait pourtant accepté cet aménagement avec bracelet électronique pour l’ex-ministre, condamné pour fraude fiscale le 15 mai 2018. Mais le parquet d’Ajaccio avait déposé un appel suspensif. Dans la décision du juge d’application des peines ajaccien, il était précisé que Jérôme Cahuzac était en contact avec l’hôpital de Bonifacio pour être recruté à un « poste de clinicien hospitalier contractuel à mi-temps ». Il doit désormais être auditionné par le conseil national de l’Ordre des médecins, qui devra juger de son aptitude à exercer comme médecin généraliste cette fois-ci.


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