mardi , 16 juillet 2019
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Un algorithme capable de prédire un cancer du sein cinq ans à l’avance

Grâce à des mammographies de milliers de patientes, des chercheurs du MIT spécialisés dans l’intelligence artificielle ont mis au point une méthode d’analyse pour évaluer le risque de cancer du sein chez une femme sur cinq ans. Outre un dépistage précoce, ce système pourrait permettre aux professionnels de santé de personnaliser les soins chez les femmes concernées.


© iStock

Et si l’intelligence artificielle pouvait constituer une innovation révolutionnaire en matière de dépistage du cancer du sein ? C’est actuellement la piste suivie par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) qui travaillent actuellement sur un algorithme capable d’établir un diagnostic le plus précoce possible, bien avant l’apparition des premiers symptômes de ce cancer le plus fréquent chez la femme. Car comme l’explique l’institut national du cancer (Inca), « plus les cancers du sein sont détectés tôt et plus les chances de guérison sont importantes. La survie à 5 ans est de 99% pour un cancer du sein détecté à un stade précoce, elle est de 26 % pour un cancer métastasé. »

Dans cette optique, les chercheurs ont créé un algorithme permettant de prédire à partir d’une mammographie si une patiente est susceptible de développer un cancer du sein dans les cinq années qui suivent. Ce dernier a été élaborée à l’aide de résultats de mammographies réalisées chez plus de 60 000 patientes de l’Hôpital général du Massachusetts. Ce dernier a « appris » à reconnaître des changements dans le tissu mammaire qui sont précurseurs des tumeurs malignes. « Nous aimerions que de tels systèmes permettent aux médecins de personnaliser les programmes de dépistage et de prévention, faisant du diagnostic tardif une relique du passé », explique le Pr Regina Barzilay du MIT.

La possibilité de dépister d’autres types de cancer

Pour les chercheurs, il s’agit d’une stratégie de dépistage fondée sur le risque en lui-même plutôt que sur l’âge des patientes. « Par exemple, un médecin pourrait recommander à un groupe de femmes de passer une mammographie tous les deux ans, tandis qu’un autre groupe de femmes à risque élevé pourrait se soumettre à un examen IRM supplémentaire », ajoute la chercheuse. L’étude a notamment montré que l’algorithme a pu classer avec précision 31% des patientes comme étant à haut risque de développer un cancer du sein contre seulement 18% pour les méthodes traditionnelles. « Il a détecté des profils trop subtils pour être détectés par l’œil humain », précisent-ils.

Contrairement aux autres systèmes d’intelligence artificielle les plus souvent développés à partir d’examens sur des patientes caucasiennes, celui-ci aurait l’avantage de prendre en compte les disparités raciales et ainsi de limiter les inégalités de dépistage entre femmes blanches et femmes de couleur. Car le MIT estime que les femmes noires ont 42% plus de risque de décéder du cancer du sein en raison de plusieurs facteurs dont des différences de dépistage et d’accès aux soins de santé. Les chercheurs affirment que ce système pourrait aussi être utilisé pour savoir si des patientes courent un plus grand risque de contracter des maladies cardiovasculaires ou d’autres cancers, comme le cancer du pancréas.

« Notre objectif est d’intégrer ces avancées dans la qualité des soins. En prédisant qui développera un cancer dans le futur, nous pourrons espérer sauver des vies et contrer le cancer avant que les symptômes ne se manifestent », concluent-ils. Selon l’Inca, le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment observé chez les femmes en France, comme dans l’Union européenne et aux États-Unis. En France, le programme de dépistage organisé cible les femmes âgées de 50 à 74 ans à risque moyen, c’est-à-dire sans symptôme apparent ni facteur de risque particulier. Elles sont invitées tous les deux ans à réaliser une mammographie et un examen clinique des seins auprès d’un radiologue agréé.

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