mercredi , 24 avril 2019
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un homme condamné pour homosexualité après avoir porté plainte pour viol



Il avait porté plainte pour viol. Un jeune homme s’est finalement retrouvé condamné à six mois de prison pour homosexualité par la justice tunisienne, ont indiqué, lundi, le parquet de Sfax et une association militant pour les droits des homosexuels, Shams. 

Guet-apens

La victime, âgée de 26 ans, s’est rendue à un rendez-vous de nature sexuelle avec un autre homme rencontré sur Facebook, selon l’association Shams. Arrivée sur les lieux, elle s’est retrouvée face à deux hommes qui l’ont violé et lui ont volé ses affaires. L’homosexualité étant illégale en Tunisie, les lieux de rencontre sont rares, et les réseaux sociaux forment une alternative, parfois risquée.

Test anal et dénonciation calomnieuse

Il s’est rendu au commissariat afin de dénoncer ses agresseurs. Le procureur a alors ordonné un test anal destiné selon les autorités à établir s’il avait déjà eu des relations homosexuelles par le passé. Bien qu’elle soit contestée et que la Tunisie se soit engagée à y mettre fin par le passé, la pratique de ce test est fréquente dans ce pays. 

Le jeune homme a finalement été condamné à six mois de prison pour sodomie, et deux mois pour dénonciations calomnieuses. La cour a estimé qu’il n’avait pas été victime de viol mais qu’une dispute avait éclaté à la suite d’une relation sexuelle, selon le parquet de Sfax.

Les deux autres hommes ont quand à eux été condamnés à six mois de prison chacun pour sodomie, quinze jours pour violences, et un mois et demi pour vol.

Multiplication des condamnations

Les condamnations pour homosexualité se sont multipliées ces dernières années. Selon Shams, en 2018, 127 personnes ont été condamnées à des peines de prison pour homosexualité, contre 79 en 2017, et 56 en 2016.

« Les juges deviennent de plus en plus stricts sur les affaires de moeurs », affirme l’avocat Mounir Baatour, qui dirige l’association Shams. Selon lui, cette tendance peut s’expliquer par l' »l’influence grandissante » du parti d’inspiration islamiste Ennahdha dans les tribunaux.

Une pétition en ligne demandant la libération du jeune homme a été mise en ligne et adressée au premier ministre tunisien.




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