samedi , 17 août 2019
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Un jeune Saoudien risque la peine de mort pour avoir manifesté quand il avait 10 ans


Murtaja Qureiris n’avait que 13 ans lorsqu’il a été arrêté par les autorités saoudiennes, pour avoir pris part à une manifestation à vélo trois ans plus tôt, lorsqu’il en avait 10. Le jeune homme, désormais âgé de 18 ans, est en détention provisoire depuis près de quatre ans en Arabie Saoudite, où il risque la peine de mort.

En 2011, le jeune homme avait été filmé alors qu’il était à vélo lors d’une manifestation de jeunes survenue dans le cadre des printemps arabes, comme le rapporte la chaîne américaine CNN. La police frontalière saoudienne l’avait arrêté trois ans plus tard alors qu’il était sur le point d’aller en voyage au Bahreïn avec sa famille.

Des aveux obtenus « sous la contrainte » 

Murtaja Qureiris a longtemps été considéré comme le plus jeune prisonnier politique connu d’Arabie Saoudite. En août dernier, le ministère public avait requis la peine de mort contre le jeune garçon pour « une série de crimes commis » alors qu’il n’était âgé que de 10 ans. 

Sur la vidéo qu’a pu se procurer CNN ces derniers jours, on peut voir le petit Murtaja Qureiris accompagné d’un groupe d’autres enfants sur des vélos, en train de chanter des chants anti-gouvernementaux. À un autre moment, on le voit aux côtés de son père. Contrairement à d’autres manifestants, l’enfant n’est pas masqué sur toutes les images.

Les autorités saoudiennes lui reprochent d’avoir lancé des cocktails Molotov sur un poste de police, dans la ville d’Amaimya, au sud, alors qu’il accompagnait son frère Ali Qureiris, qui était lui militant lors de cette manifestation réclamant davantage de respect pour les droits de l’homme. Une manifestation qualifiée de « violente » par le royaume. Le royaume d’Arabie Saoudite lui reproche également d’avoir assisté aux funérailles de ce même frère, tué en 2011 dans un cortège. 

Selon la chaîne, Murtaja Qureiris est donc jugé par un tribunal du terrorisme, où il est accusé notamment d’appartenir à « un groupe terroriste extrémiste ». Des accusations réfutées par le jeune homme, qui affirme que les aveux qu’il avait fait et sur lesquels l’accusation se fonde avaient été obtenus sous la contrainte. 

Des informations qui concordent avec les conclusions d’un précédant rapport de l’ONU. En 2016, les Nations Unies avaient fait état, sans le nommer, du cas d’un mineur saoudien dont les informations correspondaient à celles de Murtaja Qureiris. Elles rapportaient que ce jeune garçon avait été torturé et que des aveux lui avaient été « extorqués ».

Exécutions massives en avril dernier

Au mois d’avril dernier, l’Arabie Saoudite avait exécuté pas moins de 37 Saoudiens condamnés pour « terrorisme ». Dans ce pays du Moyen-Orient, le taux d’exécutions est l’un des plus élevés du monde et les exécutions. Les peines de mort sont ordonnées par le roi lui-même, et elles ont généralement lieu par décapitation mais l’un des hommes avait été crucifié. L’âge de la responsabilité pénale n’est pas clairement établi dans le pays, mais le royaume avait confié en 2006 à l’ONG Human Rights Watch l’avoir fixé à 12 ans.

L’ONG Amnesty International a appelé, dans un communiqué publié vendredi dernier, les autorités saoudiennes à ne pas recourir à la peine de mort contre le jeune homme.

« Il ne devrait pas y avoir de doute sur le fait que les autorités saoudiennes sont prêtes à tout pour réprimer la dissidence contre leurs propres citoyens, y compris en ayant recours à la peine de mort pour des hommes qui n’étaient que des garçons au moment de leur arrestation », a déclaré Lynn Maalouf, la directrice de la recherche pour le Moyen-Orient d’Amnesty International.




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