samedi , 23 mars 2019
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Un médicament lié à un risque de fausse couche | STÉPHANIE MARIN



Le médicament au coeur de l’étude contient cette molécule active : le fluconazole. Il est vendu en pharmacie par différentes marques et donc sous différents noms.


La récente recherche, publiée mardi dans le Journal de l’Association médicale canadienne, n’a pas démontré un lien de cause à effet, mais bien une association entre un facteur de risque et une conséquence malheureuse, précise son auteure principale Anick Bérard, professeur titulaire à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, en entrevue téléphonique.


La chercheure souligne que les femmes enceintes ont plus fréquemment des infections vaginales que les autres. Leurs infections sont aussi plus sévères et plus résistantes aux traitements.


Son équipe s’est penchée sur la cohorte de femmes enceintes du Québec, qui contient des données sur 441 949 grossesses, et a fait le lien avec les prescriptions de médicaments dans la banque de données de la province.


Seules les fausses couches qui pouvaient être constatées cliniquement ont été considérées, puisque certaines peuvent se produire au tout début de la grossesse sans que la femme s’en rende compte, soutient-elle.


Les résultats ont ensuite été « ajustés » pour tenir compte d’autres causes de fausses couches, comme le fait de prendre d’autres médicaments. L’effet de ces autres facteurs de risque a été enlevé, a relaté Mme Bérard.


« Notre étude montre que de prendre une dose de fluconazole oral pendant la grossesse peut être associé à un plus haut risque de fausse couche », dit la chercheure.


En fait, il s’agit d’un risque deux fois plus élevé, a-t-elle précisé en entrevue. Sans fluconazole, le risque de fausse couche est de 6 %, mais il passe à 12 % avec une dose, même faible, de ce médicament.


Elle juge toutefois ce résultat plutôt « rassurant » : si le risque est de 12 %, cela signifie quand même qu’il y a 88 % de chances que tout se passe bien, insiste-t-elle.


Il s’agit d’un risque qui demeure faible, dit-elle.


Et puis, ces infections doivent être traitées, dit-elle, sinon elles peuvent aussi poser un risque.


Par contre, le risque triple avec une forte dose (plus que 150 mg) prise pendant le premier trimestre, passant à 18 % de chance que le nouveau-né ait une malformation cardiaque. Ces plus fortes doses étaient déjà associées à ce risque, mais l’équipe de Mme Bérard l’a validé.


On avait très peu d’information jusqu’à maintenant sur le risque posé par une faible dose de fluconazole, et c’était la motivation derrière l’étude, a-t-elle fait valoir.


Ces résultats réaffirment selon elle la nécessité pour les femmes enceintes de consulter leur médecin régulièrement tout au long de leur grossesse pour prendre les meilleures décisions de traitement.


Les traitements topiques – devant être appliqués sur la surface du corps – sont en première ligne pour se débarrasser de ce problème chez les femmes enceintes. Mais comme leurs infections fongiques sont souvent plus résistantes aux traitements topiques, le fluconazole par voie orale est aussi souvent utilisé.


Mme Bérard a expliqué que cette recherche évalue pour la première fois le lien entre ce médicament et le risque de fausse couche. Elle confirme aussi des résultats déjà connus pour le risque de malformation cardiaque.


Première apparition

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