dimanche , 18 août 2019
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Un navire fait naufrage tous les trois ou quatre jours dans le monde

Deux nappes d’hydrocarbures se dirigent vers les côtes françaises après le naufrage du navire italien Grande America, qui a sombré au large de La Rochelle (Charente-Maritime), mardi. A son bord, des matières dangereuses et plus de 2000 tonnes de fioul dans ses soutes, qui promettent une marée noire sur une partie du littoral français.

Début mars, c’était les Salomon qui tentaient d’endiguer la fuite de fioul qui émanait d’un vracquier échoué. Fin octobre, les côtes du Var vivaient une marée noire, à la suite de la collision de deux navires en Corse. Ces accidents de navires en mer sont en fait fréquents, et entraînent avec eux des déversements d’hydrocarbures dans les mers et océans.

94 naufrages de gros navires en 2017

Selon nos informations, 94 naufrages de navires de plus de 100 tonnes ont été déclarés dans le monde en 2017, soit un accident tous les 3 ou 4 jours. Pour Jacky Bonnemains, président de l’association  de  protection  de  l’homme  et  de  l’environnement Robin des Bois, il y a en effet un naufrage ou un échouage « au moins une fois par semaine », et un gros navire est victime d’un incendie « environ une fois par mois ».

Bien qu’ils semblent insubmersibles du fait de leur taille importante, les porte-conteneurs ou les pétroliers « sont fragiles. Et c’est justement parce qu’ils sont massifs qu’ils sont fragiles », explique Jacky Bonnemains, contacté par BFMTV.

Il explique en effet que, pour des raisons d’économie, si les navires construits sont de plus en plus gros, les équipages sont en revanche de moins en moins nombreux à bord, mal formés et internationaux, ce qui entraîne un manque de cohésion, et bénéficie aux incidents potentiels. Et fatalement, « plus les navires sont gros, plus l’impact sur l’environnement est important ». 

Des milliers de tonnes d’hydrocarbures en mer

Si les bateaux pétroliers représentent un risque majeur de marée noire en cas d’avarie, les plus gros porte-conteneurs, de 400 mètres, « transportent dans leurs soutes 10.000 tonnes de fioul de propulsion », et représentent un important danger environnemental en cas d’accident. Les 2000 tonnes d’hydrocarbures ayant fui du Grande America proviennent d’ailleurs de sa soute.

Les déversements de pétrole en mer sont, en majorité, l’addition d’accidents considérés comme mineurs, car ayant déversé moins de 7 tonnes d’hydrocarbures, rapporte la plateforme wikhydro en 2013. Ces nappes d’hydrocarbures sont peu de chose « en comparaison avec un événement d’ampleur, comme le naufrage du pétrolier Erika en 1999 ou celui de l’Atlantic Empress en 1979 où 276.000 tonnes d’hydrocarbures se sont déversés », écrit le site.

« En 2018, la quantité totale d’hydrocarbures déversée en mer a été plus importante que les 20 dernières années à cause du MT Sanchi » en janvier 2018, explique le Cedre, (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) contacté par BFMTV. Le pétrolier iranien transportait 136.000 tonnes de condensats, des hydrocarbures légers, et la marée noire en mer s’était alors étendue sur une surface de plus de 300 km2.

Il faut également faire attention aux relargages d’hydrocarbures, provenant d’épaves englouties, parfois depuis des dizaines d’années. C’est ce qui pourrait arriver avec le Grande America explique Jacky Bonnemains: « On va connaitre un relargage progressif et assez lent, sur plusieurs semaines voire mois », des restes d’hydrocarbures du navire. S’y ajouteront les réservoirs des véhicules que transportait le bateau, remplis d’essence.

Des chiffres globalement en baisse

« Depuis les années 70, le nombre de marées noires d’ampleur a diminué de 90 % et le volume d’hydrocarbures déversé a été divisé par 100 » assurait toutefois en mars 2018 Stefan Micaleff, Directeur de la Division du milieu marin de l’Organisation maritime internationale, dans le bulletin du Cedre.

Le Cedre déclare avoir observé une diminution « des déversements supérieurs à 700 tonnes et ce, depuis environ ces 50 dernières années ». Après les catastrophes des pétroliers Erika (1999) et du Prestige (2002), il est vrai qu’il « y a eu un assainissement de la flotte des pétroliers », déclare Jacky Bonnemains, mais pas forcément des autres flottes selon lui.

Selon nos informations, le nombre de naufrages de navires de plus de 100 tonnes a diminué de 50% en 10 ans. « Il y a peut-être moins de naufrages, mais ce sont des naufrages de bateaux qui sont trois fois plus grands que les anciens, donc ça fait beaucoup plus de dégâts », souligne Jacky Bonnemains.

Les détails du graphique sont à retrouver sur le site de Statista.




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