lundi , 24 juin 2019
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Un premier cœur « vivant » transplanté à Lille


Elle était déjà utilisée aux États-Unis, et plus récemment au Kazakhstan. Une nouvelle technique de transport d’un greffon, qui consiste à ne jamais laisser le cœur s’arrêter pendant la durée du trajet, vient pour la toute première fois d’être testée en France. Une prouesse réalisée par le Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille, et rapportée par 20 minutes. Avec succès, les équipes du chirurgien cardiaque André Vincentelli ont réussi à greffer un « cœur isolé perfusé » − ou Organ Care System − à un patient.

Un objectif triple

« Nous avons utilisé une machine qui perfuse en sang oxygéné le cœur battant du donneur au cours de tout son transport. On laisse donc l’organe travailler comme s’il était toujours vivant », décrit le Dr Vincentelli, interrogé par le quotidien français. Cette technique permet de sécuriser le greffon durant un long transport. Habituellement conservé en arrêt dans la glace, le cœur est ici maintenu dans des conditions (température, oxygénation) plus proches de celles physiologiques. Sa qualité peut donc être évaluée tout au long du déplacement, ce qui ouvre la voie à une augmentation du nombre de greffes cardiaques réussies.

Avec la glacière, la limite de temps hors du corps était par ailleurs de quatre heures. Elle dépasse les six heures grâce à l’Organ Care System. Des avantages qui expliquent pour pourquoi elle a déjà été adoptée dans des pays géographiquement étendus, comme les États-Unis, l’Australie ou au Kazakhstan. Les organes peuvent aussi être cherchés bien plus loin. La promesse du dispositif est donc triple : « Sécuriser la transplantation, augmenter le nombre de donneurs, et améliorer les résultats de greffe ».

Deux receveurs pour un donneur

La nouveauté est d’autant plus importante que l’Hexagone se trouve face à une pénurie de greffons. « En moyenne, en France, il y a deux receveurs pour un donneur. Avec cette technique, l’Angleterre a pu augmenter son nombre de transplantations cardiaques de 30 % », assure le Dr Vincentelli. Mais la technique reste coûteuse et non remboursée. La machine utilisée, fabriquée aux États-Unis, est louée 30 000 euros le transport par l’hôpital. Une somme à laquelle il faut ajouter le déplacement en avion de l’équipe médicale chargée du prélèvement du cœur.

Actuellement, ce montant est pris intégralement en charge par le CHU de Lille, grâce à son Budget Programme Innovation (BPI). Six utilisations sont ainsi prévues dans l’année. La technique devrait aussi prochainement faire l’objet d’évaluations via des protocoles de recherche clinique. « Mais c’est un protocole qui peut prendre deux ans », déplore le chirurgien. Du chemin reste donc à parcourir pour que tout le monde puisse en bénéficier.

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Première apparition

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