vendredi , 26 avril 2019
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Un rapport préconisant le permis à 17 ans remis à Matignon


POLITIQUE – Conduire seul dès l’âge de 17 ans? Voilà l’une des préconisations faites par la députée LREM du Gard Françoise Dumas, qui remet ce mardi 12 février un rapport au premier ministre Edouard Philippe dans le cadre de la réforme du permis de conduire. En l’état actuel, il est possible de passer son permis dès 17 ans et demi et de conduire dès cet âge en présence d’un adulte accompagnateur.

Avec cette proposition, il serait question d’aller plus loin. « Le permis n’est pas qu’un acte administratif, c’est une émancipation », indique François Dumas au Parisien. Le quotidien, qui a eu accès à cette préconisation, décrit comment fonctionnerait ce dispositif: « si la proposition numéro 9 de la députée Dumas devenait la règle, des ados de 17 ans pourraient tenir le volant sans superviseurs. Une liberté qui ne s’appliquerait qu’en France. Comme c’est le cas des jeunes britanniques ».

De l’autre côté de la Manche en effet, il est possible de conduire dès cet âge là, mais uniquement sur le territoire national. Seule condition si ce dispositif était adopté en France: les prétendants devraient préalablement avoir suivi la conduite accompagnée.

Reste que cette hypothèse est accueillie avec vigilance par les associations de sécurité routière. « Cette proposition est une mesure d’accessibilité, pas de sécurité routière (…) Les jeunes vont prendre leur voiture à la place du bus scolaire, ils se seront donc plus exposés aux accidents. Ce serait une bonne idée d’assortir cette mesure de restrictions, comme un couvre-feu, sur le modèle des États-Unis », préconise auprès du Parisien Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention routière.

Des limites par ailleurs évoquées dans le rapport: « Il conviendrait d’expertiser si un tel permis pourrait être assorti de conditions limitatives (interdiction de la conduite de nuit…) ».

Service national universel

Dans le cadre des échanges marathon qu’il mène à l’occasion du grand débat national, Emmanuel Macron a évoqué l’idée d’intégrer l’examen du permis de conduire au Service national universel. « Ce qu’on veut faire, c’est baisser le coût d’acquisition pour les jeunes, pour qu’on puisse plus facilement (y) avoir accès », avait-il précisé. Un voeu confirmé par la rapport de Françoise Dumas.

Pour rappel, le SNU se décomposera en deux parties: une partie obligatoire, d’une durée de trois semaines, et une facultative dite « SNU volontaire de longue durée », de 3 à 12 mois. Après avoir suivi des modules de formation lors du SNU obligatoire, les jeunes auraient alors la possibilité de passer le code « auprès d’un opérateur agréé », avec un coût « pris en charge par l’État ».

Ceux qui suivent le SNU « volontaire de longue durée », tout comme ceux qui s’engagent dans la réserve nationale et le service civique, pourraient, eux, « passer l’épreuve pratique du permis de conduire, pendant cette période, à titre gratuit ». Par ailleurs, le rapport préconise une réforme de l’agrément des auto-écoles, pour le délivrer au niveau national et non plus départemental.

Cette disposition suscite une farouche opposition des auto-écoles, qui ont manifesté lundi pour dénoncer cette porte ouverte, selon eux, aux plateformes en ligne de mise en relation entre élèves et moniteurs synonymes d' »uberisation » du métier et de « dumping social ».

En contrepartie, il faudra « adapter des obligations règlementaires, redéfinir les relations entre les plateformes et les moniteurs » pour mettre tous les acteurs « sur un pied d’égalité », souligne d’ailleurs le rapport. Avec 1,51 million de candidats en 2017, le permis de conduire est le premier examen de France en nombre d’inscrits, pour un taux de réussite de 57,23%.

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