mardi , 26 mars 2019
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une grand-mère se bat pour récupérer ses petits-enfants en Syrie



Des photos et des messages vocaux, c’est tout ce qui rattache Lydie Maninchedda à ses trois petits-enfants, nés au sein du califat autoproclamé de Daesh et désormais réfugiés dans un camp au nord-est de la Syrie. Cette grand-mère, qui n’a jamais vu ses petits-enfants âgés de 1, 3 et 5 ans, expose leurs portraits dans son salon comme preuve de sa « descendance ».

« Ces trois petits, c’est tout ce qui nous reste maintenant et j’espère qu’ils vont bientôt rentrer », raconte-t-elle à BFMTV.

Leur mère, Julie, est morte en Syrie à la fin de l’année dernière. Elle avait rejoint la Syrie en 2014 avec son mari de l’époque, un jihadiste allemand désormais écroué. Alors, le seul souhait de Lydie Maninchedda aujourd’hui est de ramener ses petits-enfants en France et de les éduquer.

« Mon mari et moi avons perdu notre fille unique. Je ne me vois pas vivre pendant 20 ans sans avoir ces petits qui vont nous aider à vivre heureux et faire le deuil de notre fille », explique-t-elle.

Elle en appelle au président de la République pour donner à ses petits-enfants la chance d’un nouveau départ.

« Le système judiciaire est apte à les prendre en charge »

Mais pour l’heure, il n’y a aucune raison contraignante d’obliger le gouvernement français à rapatrier les enfants des jihadistes, avance Marc Bailly, l’avocat de Lydie Maninchedda. « L’histoire retiendra peut-être que l’Etat français n’a rien fait pour ces petits qui sont d’abord les victimes des décisions de leurs parents », tance-t-il. Ces enfants ont certes grandi au sein du califat autoproclamé de Daesh mais ne doivent pas pour autant être stigmatisés comme des « terroristes », a d’ailleurs averti lundi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Toutefois, les obstacles et les réticences ne découragent pas les familles. Deux grand-mères ont saisi lundi le tribunal administratif de Paris d’un recours pour demander le retour de deux enfants, nés en zone irako-syrienne et retenus au camp de déplacés de Roj, dans la région autonome du Kurdistan syrien.

« Le but est évidemment d’obliger la France, un Etat de droit, à réagir, d’autant qu’il s’agit de mineurs abandonnés faisant face à un danger de mort certain », plaide Me Samia Maktouf.

Elle demande au tribunal d’obliger l’Etat à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour et par enfant. « Cette mesure est d’autant plus urgente et indispensable que ces enfants ont des attaches familiales en France et que notre système judiciaire est apte à les prendre en charge », poursuit-elle.

L’inaction de la France stigmatisée

Cette démarche devant la justice administrative divise toutefois d’autres avocats de familles concernées. Les saisines de telles juridictions sont « nécessairement inefficaces et sans objet » en l’absence de représentation de l’Etat ou d’autorités consulaires en Syrie depuis 2012, soulignaient fin février les avocats Marie Dosé, William Bourdon et Martin Pradel. Ces avocats, qui défendent des familles d’enfants de jihadistes français actuellement dans des camps au Kurdistan syrien, ont choisi de saisir le Comité des droits de l’enfant de l’ONU contre la France, dénonçant l' »inaction » de l’Etat.    

Réticente au retour des adultes, la France s’est dite à l’automne ouverte au rapatriement des enfants, à commencer par les orphelins. Mais sans donner de calendrier. Quelque 2500 enfants de 30 nationalités, capturés avec leurs familles au fil de la déroute de Daesh, ont été placés dans trois camps du nord-est de la Syrie, selon l’ONG Save the Children.




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