jeudi , 22 août 2019
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Ursula von der Leyen peine à convaincre le Parlement


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L’Allemande Ursula von der Leyen, fidèle d’Angela Merkel, est candidate désignée pour la présidence de la Commission européenne. Mais elle doit encore convaincre le Parlement, qui se prononce mardi sur sa nomination – ce qui est loin d’être gagné.

Europhile, polyglotte, Ursula von der Leyen, en lice mardi 16 juillet pour la présidence de la Commission européenne, est une proche d’Angela Merkel qui a vu toutefois son étoile pâlir en Allemagne après avoir fait figure, un temps, de dauphine.

Seule personnalité à avoir siégé dans les quatre gouvernements de la chancelière (2005-2019), adoubée par Emmanuel Macron, cette mère de sept enfants âgée de 60 ans, espère rebondir avec la direction de l’exécutif européen.

Elle a prévenu lundi qu’elle quitterait quoi qu’il arrive son poste actuel de ministre de la Défense mercredi.

Parlant anglais et français couramment, cette démocrate-chrétienne allemande connaît bien Bruxelles : née le 8 octobre 1958 à Ixelles, elle a passé, comme ses six frères et sœurs, une partie de son enfance dans la capitale belge, avant que son père, Ernst Albrecht, devienne Premier ministre de Basse-Saxe.

Malgré ces atouts, recueillir les 374 voix nécessaires pour diriger les cinq prochaines années la Commission est loin d’être gagné.

« Candidate inadéquate »

Au sein de toutes les familles politiques européennes, l’idée de choisir une personnalité qui n’était même pas candidate aux élections européennes a été perçue comme une remise en cause de l’objectif de démocratisation de l’Union européenne.

« On savait dès le départ que le choix allait être difficile »

Les auditions menées ces derniers jours dans les arcanes européens par Ursula von der Leyen, convertie de très fraîche date aux réseaux sociaux et assistée pour sa communication d’un ancien rédacteur en chef de Bild, n’ont pas permis de lever tous les doutes de ses détracteurs.

Les sociaux-démocrates, qui siègent pourtant à ses côtés au sein du gouvernement Merkel, ont ainsi diffusé auprès des eurodéputés un document intitulé « Pourquoi Ursula von der Leyen est une candidate inadéquate et inappropriée ».

Le texte égrène tous les griefs accumulés ces dernières années contre Ursula von der Leyen, médecin de formation.

Ce n’est qu’en 2002, après avoir vécu plusieurs années en Californie, où son mari enseignait, qu’elle se lance pour un mandat local dans la région de Hanovre.

Trois ans plus tard, elle devient ministre de la Famille et prend des mesures progressistes, comme le développement des crèches ou un congé parental rémunéré destiné aux pères.

Nommée ministre du Travail en 2009, Ursula von der Leyen prend là aussi à rebrousse-poil l’électorat conservateur en plaidant pour des quotas de femmes au sein des directions d’entreprises.

Elle bouscule l’armée

C’est à partir de 2013, à la Défense, que les choses se gâtent.

Première femme à occuper ce poste, prestigieux mais délicat dans une Allemagne toujours hantée par la Seconde Guerre mondiale, Ursula von der Leyen bouscule l’institution.

La ministre est aussi soupçonnée un temps en 2015 de plagiat de son doctorat, un sujet très sensible en Allemagne qui a causé la chute de plusieurs responsables politiques.

Une série de scandales ont en outre éclaboussé la Bundeswehr et son ministère ces dernières années : matériel obsolète, sous-investissements, consultants surpayés, influence de l’extrême droite… Au point qu’elle est désormais perçue, selon les sondages, comme l’une des deux ministres les moins compétents.

Avec AFP


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