dimanche , 16 juin 2019
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Usine Ford de Blanquefort: la perspective d’une fermeture repoussée

EMPLOI – Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de Ford pour la fermeture de son site de Blanquefort, en Gironde, qui emploie quelque 850 personnes près de Bordeaux, a été rejeté ce lundi 28 janvier par l’administration. Cela donne un répit au projet de rachat de l’entreprise par Punch à Strasbourg.

Cette « décision », a expliqué sans détailler la préfecture dans un communiqué, « a pour objectif de sécuriser l’ensemble des parties, en pointant la non-conformité de la procédure ».

Punch a une quinzaine de jours pour « muscler son offre »

Interrogé par l’AFP, Ford s’est contenté de prendre « acte de la décision de la Dirrecte (la Direction du Travail qui a notifié son refus de validation) sur le plan social soumis par Ford Aquitaine Industries », sans vouloir faire plus de commentaire.

Selon une source gouvernementale, cette décision laisse une quinzaine de jours à Punch pour apporter les éléments qui manquaient encore pour « muscler son offre de reprise », notamment des lettres d’intention de clients. Après, « il y a encore un délai de décision de 21 jours qui est laissé à l’administration », selon la même source.

Ford devra également préciser « comment il envisage des modalités de réindustrialisation du site » pour recréer de l’emploi sur place, un point sur lequel le gouvernement entend demander au constructeur d’améliorer son plan.

Philippe Poutou: « Une bonne nouvelle »

Pour Philippe Poutou, délégué CGT de Ford et lui-même ouvrier à l’usine de Blanquefort, « c’est une bonne nouvelle, ça va obliger Ford à revoir sa copie et à étudier plus sérieusement le projet de reprise par Punch défendu par les salariés ». « Cela nous donne quelques semaines de plus pour renforcer les chances de sauver l’usine », a ajouté l’ancien candidat à la présidentielle auprès de l’AFP.

« Ce délai supplémentaire ne garantit pas de réussir car nous savons bien qu’il y a des difficultés aussi du côté du repreneur pour finaliser son projet de reprise, mais au moins la bataille peut continuer. L’espoir demeure pour nos emplois et les emplois induits », a-t-il ajouté.

Le constructeur américain avait annoncé il y a près d’un an sa volonté de se désengager de l’usine de boîtes de vitesses implantée en 1972. Il avait refusé en décembre un offre de reprise de la société franco-belge basée à Strasbourg Punch-Powerglide, pourtant appuyée par l’État et les syndicats, offre permettant de conserver environ 400 emplois.

La décision prise par Ford mi-décembre de refuser l’offre de Punch, après des mois d’implication de l’État pour trouver un repreneur, avait provoqué une levée de boucliers politiques, locale, et nationale, jusqu’au président de la République qui avait jugé l’attitude du constructeur « hostile et inacceptable ». Une « trahison », avait estimé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

La fin de production de l’usine, qui tourne déjà au ralenti, était programmée pour fin août 2019.


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