mardi , 21 mai 2019
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Vaccins: des experts déplorent la désinformation sur les réseaux sociaux | SIDHARTHA BANERJEE ET MORGAN LOWRIE


Le message de la blogueuse Angela Price affiché cette semaine sur Instagram a fait sourciller les esprits. Mme Price y décrivait la stratégie familiale en matière de vaccin et y recommandait un livre d’un médecin américain opposé à la vaccination obligatoire.

Dans un nouveau message diffusé jeudi, Mme Price s’est défendue en affirmant qu’elle ne s’opposait pas aux vaccins et en rappelant que ses enfants avaient reçu tous les vaccins nécessaires. Elle a toutefois ajouté que les vaccinations s’étaient étalées sur une période plus longue celle recommandée. Elle a aussi choisi d’attendre que ses deux filles soient plus âgées pour leur faire recevoir certains vaccins.

Timothy Caulfield, titulaire d’une chaire de recherche du Canada sur le droit et les politiques de la santé à l’Université de l’Alberta, souligne que des messages comme celui de Mme Price peuvent poser problème, car ils peuvent convaincre certains parents à demeurer hésitants avant de faire vacciner leurs enfants.

« Ce type de blogue démontre vraiment comment ces plateformes permettent de propager la désinformation, a-t-il dit lors d’un entretien téléphonique. Elle a sans doute des parents qui la suivent et qui partagent peut-être ses idées. Tous ensemble, ils créent une bulle de confirmation qui permet à la désinformation de gagner du terrain. »

Selon lui, de 2 à 5 % la population est constituée d’opposants endurcis à la vaccination. De 20 à 30 % est constituée de parents qui sont hésitants ou qui doutent de l’efficacité des vaccins. Il ajoute que ce dernier groupe est vulnérable aux discours des opposants à la vaccination.

« L’idée même que le calendrier des vaccins pose problème peut amener des parents à hésiter davantage à faire inoculer leurs enfants », déplore-t-il.

Mme Price a refusé jeudi une demande d’entrevue de La Presse canadienne.

Dans son nouveau message diffusé jeudi, elle a indiqué que son article sur Instagram avait été supprimé. Elle a déploré qu’il ait été sorti de son contexte à la suite d’un reportage de Montreal Gazette.

Elle n’a pas présenté des excuses pour avoir recommandé un livre du pédiatre californien Bob Sears qui critique de façon virulente la vaccination obligatoire. Elle a ajouté que ses décisions étaient fondées sur les conseils de trois médecins provenant de régions différentes du pays, qui s’occupent de ses deux filles.

Selon Fuyuki Kurasawa, directeur du laboratoire mondial sur la citoyenneté numérique à l’Université York de Toronto, si on veut contenir la désinformation, cela nécessitera un effort concerté des gouvernements, des professionnels de la santé et des médias sociaux.

Après avoir rappelé que la rechercher avait prouvé de manière irréfutable la sûreté et l’efficacité des vaccins, il a déploré que cette information ne soit généralement pas accessible aux parents. « Croire que la population lira des articles de revues médicales comme le New England Journal of Medicine ou le Lancet est irréaliste. »

M. Kurasawa souhaite que les campagnes d’information du public soient être mieux adaptées à l’ère des médias sociaux. De plus, des plates-formes telles que Facebook doivent faire un meilleur travail en éliminant la propagande des opposants à la vaccination.

Les propos de M. Kurasawa font écho à ceux de Santé Canada qui a annoncé cette semaine vouloir travailler avec des professionnels de la santé pour remédier à la désinformation sur les vaccins sur les réseaux sociaux et sur l’internet.

Selon le corps médical, le calendrier de vaccination est établi sur des normes scientifiques et devrait être suivi pour assurer une meilleure protection aux enfants à un moment où ils sont le plus à risque.

« Il existe quelques variations mineures d’une province à l’autre, mais je dirais que les vaccins essentiels que nous recommandons à tous les enfants doivent être administrés selon un calendrier assez cohérent, a dit le Dr Mike Dickinson, ancien président de la Société canadienne de pédiatrie. Chaque fois que quelqu’un s’en écarte, il ouvre potentiellement une fenêtre dans laquelle un enfant pourrait courir le risque de contracter l’une de ces maladies infectieuses, car il n’est pas totalement protégé. »


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