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Vie numérique: «Magic: The Gathering», le jeu qui rassemble – High-Tech

Vie numérique: «Magic: The Gathering», le jeu qui rassemble - High-Tech

Lorsque vous trierez ces vieilleries qui traînent à la cave depuis vingt ans, prenez garde. Il se pourrait bien qu’une collection d’elfes et de gobelins s’y niche. Et pourquoi pas le rarissime Lotus Noir, estimé à plus de 80’000 francs?

Ces créatures mythiques font partie du jeu de cartes Magic: The Gathering (en français, L’Assemblée). Des purs compétiteurs aux plus collectionneurs, le jeu qui a fêté ses 25 ans en 2018 rassemble plus de 20 millions de joueurs dans le monde, selon son éditeur, Wizards of the Coast. Et les Vaudois ne sont pas en reste. Des boutiques spécialisées existent dans tout le canton, de Lausanne à Yverdon en passant par Nyon.

Magic est un jeu de cartes à collectionner. Le premier même, selon Wizards of the Coast. En général, une partie se joue entre deux joueurs qui ont chacun 20 points de vie et 60 cartes à disposition, que l’on appelle un deck. Chacun débute avec 7 cartes dans sa main et en pioche une nouvelle à chaque tour. L’objectif: faire chuter les points de vie de son adversaire à zéro.

Pour y arriver, différents types de cartes: les créatures attaquent directement l’adversaire, alors que les autres sorts ont des effets variés, comme détruire la créature de l’adversaire ou faire piocher des cartes à un joueur. Gagner une partie de Magic demande une stratégie cohérente. C’est là une des plus grandes forces du jeu, qui permet aux joueurs d’inventer à peu près n’importe quelle tactique (offensive, défensive ou un peu des deux) pour battre son adversaire.

«Entre le poker et les échecs»

Les joueurs peuvent créer leur deck en se procurant des paquets de 15 cartes aléatoires ou en les achetant à l’unité sur internet ou dans une boutique spécialisée. Ce marché secondaire est une source de revenu non négligeable pour les shops locaux, comme Mighty Games, à Lausanne. Mais plus que l’endroit où se réapprovisionner, le magasin spécialisé est surtout le lieu de rencontre de la communauté.

Des événements sont organisés afin de permettre aux joueurs de s’affronter. «Nous proposons en moyenne deux événements par semaine», explique Sergio Klinke, cofondateur de Mighty Games. Wizards of the Coast a même inventé un concept pour assurer la vitalité du jeu: les Friday Night Magic. Durant ces tournois, la boutique offre les récompenses données par l’éditeur aux meilleurs joueurs, dont une carte promotionnelle unique… de quoi attirer les collectionneurs. Et pour les compétiteurs, ces tournois rapportent des Planeswalker Points, sorte de classement ATP des joueurs Magic amateurs.

«La communauté est très hétéroclite. Entre 10 et 50 ans, les joueurs viennent de tous les horizons, étudiants comme travailleurs manuels. Mon seul regret, c’est le nombre de femmes toujours peu élevé», se désole Sergio Klinke. La force de la confrérie Magic a plusieurs explications, selon Sergio Klinke. «Il s’agit d’un jeu intelligent, complexe mais accessible. Une sorte de mélange entre le poker, pour le côté bluff, et les échecs, pour le côté stratégique. En plus, Magic permet aux joueurs de quitter leurs écrans pour partager un moment convivial avec d’autres passionnés.»

Pourtant, la grosse nouveauté de cette année est la sortie prochaine d’un jeu vidéo tiré de la licence, «Magic Arena». Déjà jouable en version test, il promet de faire découvrir ces cartes à des millions de nouveaux joueurs. Diversifiant encore un peu plus la communauté Magic.


Trois joueurs, trois façon d’apprécier l’univers de Magic


«Défier le monde entier»

Gabriel Ratano, 21 ans: «C’est vrai qu’il n’y a pas l’aspect jeu-bières-potes dans «Magic Arena», concède Gabriel Ratano, fan de la version numérique du jeu de cartes. Mais «Arena» a d’autres avantages, comme pouvoir défier des joueurs du monde entier.» Ce jeu vidéo vient combler un vide. «J’étais frustré de ne pas pouvoir jouer chez moi. Dès que la sortie d’«Arena» a été annoncée, je me suis précipité pour avoir accès à sa version test.» Le jeu est toujours en phase d’essai, mais peut être téléchargé par tout le monde. «La communauté est très active sur les forums. Elle aide les développeurs à détecter les bugs et à améliorer «Arena.» Son plus gros adversaire est sans doute « Hearthstone» , le leader incontesté des jeux de cartes e-sportifs. Ironie du sort, le jeu s’est très largement inspiré de Magic. «Mais «Arena», de par sa complexité, peut rivaliser avec «Hearthstone», assure Gabriel. Magic est aussi la base du jeu de cartes stratégique, ce qui peut attirer des compétiteurs d’autres jeux.»

Sa carte préférée:

Teferi, héros de Dominaria. «C’est tout ce que j’aime. Elle permet de piocher des cartes, d’éloigner des menaces et carrément de gagner la partie si elle survit assez longtemps… Que demander de plus?»


Des cartes à plus de 1000 francs

Maxime Maitre, 25 ans: Il fait partie des joueurs pour qui le plus important n’est pas de gagner, mais de collectionner. Une passion qui a un prix. Le Poméran a même fait assurer son classeur. Avec des cartes qui prennent de la valeur, l’argent n’est jamais perdu. «Certains estiment qu’investir des milliers de francs dans une carte est absurde. Mais Magic fonctionne comme toute collection.» C’est à l’armée qu’il attrape le virus. «Un collègue m’a donné son vieux classeur Magic. Certaines cartes valaient plus de 1000 francs. Une fois qu’on a un pied dedans, il est difficile d’en sortir.» Comment financer cette passion lorsqu’on est étudiant? «J’ai commencé très tôt, en 2003. Des cartes d’un paquet alors à 3 francs en valent aujourd’hui plus de 90… Ainsi, je n’achète pratiquement jamais une carte cash, mais je l’échange contre une autre. J’essaie toujours d’être gagnant dans l’opération.» Maxime a un précieux allié: sa loupe d’horloger, qui lui permet de détecter les contrefaçons, courantes dans le milieu.

Sa carte préférée:

Nemata, vigile du bosquet. «Elle est nulle et doit valoir dans les 20 centimes. Mais c’est juste la plus belle illustration de toutes les cartes Magic. À chaque fois que je la pose, c’est l’extase.»


«Je m’entraîne 40 h par semaine»

Étienne Busson, 25 ans: Gagner de l’argent en jouant à Magic, c’est un peu le phantasme de tous les passionnés du jeu de cartes. Un rêve qui est devenu réalité pour Étienne Busson. En remportant le Grand Prix de Lille en octobre 2018, le Lausannois a empoché la coquette somme de 10’000 dollars. Une consécration pour celui qui joue à Magic depuis plus de 10 ans. «Lorsque j’ai commencé le jeu, je me suis très vite intéressé aux tournois. J’ai toujours eu un esprit compétitif et ça amène plus d’enjeux aux parties. Depuis deux ans environ, j’ai atteint un bon niveau et une bonne connaissance des mécaniques du jeu. Alors j’ai décidé de me lancer à fond dans la compétition.» Après avoir obtenu son master en science cognitive, Étienne a pris une année sabbatique pour se consacrer à Magic. «Avant un tournoi, je joue environ 40 heures par semaine pour me préparer. Je fais énormément de matches, mais je m’entraîne aussi mentalement. Pour gagner un tournoi professionnel, le plus important est de commettre le moins d’erreurs possible.»

Sa carte préférée:

Frénésie expérimentale. C’est une carte qui permet de jouer pleins de petits sorts d’un coup et de submerger son adversaire. Elle est très forte, mais aussi très fun à jouer.

(24 Heures)

Créé: 12.01.2019, 16h54




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