lundi , 27 mai 2019
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Voici comment l’exercice physique protège le cerveau contre la maladie d’Alzheimer

Les bienfaits de l’activité physique sur la forme physique et mentale ne sont plus à prouver mais son mécanisme « neuroprotecteur » en ce qui concerne la maladie d’Alzheimer était difficilement explicable. Des chercheurs auraient trouvé la clé de ce lien bénéfique : une hormone produite lorsque l’organisme est en mouvement.


© iStock

Les personnes sportives le savent, une bonne séance d’activité physique permet de libérer un flot d’endorphines, une hormone « bien-être » qui améliore l’humeur. Et selon une récente étude menée par des chercheurs de la Columbia University Vagelos College of Physicians and Surgeons, il existe maintenant des preuves sur le fait que l’exercice physique produit une autre hormone qui peut améliorer la mémoire et protéger contre la maladie d’Alzheimer. En effet, il était déjà établi que l’activité physique améliore la mémoire et de nombreuses études suggèrent qu’elle pourrait également réduire le risque de maladie d’Alzheimer, mais sans toutefois expliquer précisément la raison.

Il y a quelques années, des chercheurs ont découvert une hormone appelée irisine, libérée dans le sang au cours d’une activité physique. Les premières études sur celle-ci ont suggéré qu’elle joue principalement un rôle dans le métabolisme énergétique. Mais ces scientifiques ont montré que l’hormone pouvait aussi favoriser la croissance neuronale dans une région du cerveau, l’hippocampe, essentielle pour l’apprentissage et la mémoire. « Cela laisse entrevoir la possibilité que l’irisine puisse aider à expliquer pourquoi l’activité physique joue un rôle protecteur dans les affections cérébrales telles que la maladie d’Alzheimer. », explique le Pr Ottavio Arancio, principal auteur de l’étude.

Un rempart contre l’action de la protéine bêta-amyloïde pathogène ?

Les chercheurs ont débuté leurs travaux en recherchant un lien entre l’irisine et la maladie d’Alzheimer. À l’aide d’échantillons de tissus prélevés dans des banques de cerveaux, ils ont découvert que l’irisine était présente dans l’hippocampe et que son niveau était réduit dans l’hippocampe des personnes atteintes. Pour explorer de plus près son rôle dans le cerveau, ils se sont tournés vers des souris et découvert que l’hormone protège les synapses (zone située entre deux neurones et assurant la transmission des informations de l’une à l’autre) du cerveau et la mémoire : lorsque l’irisine est désactivée dans l’hippocampe de souris en bonne santé, les synapses et la mémoire sont affaiblies.

De même, l’augmentation des niveaux d’irisine dans le cerveau a permis de les améliorer. Les chercheurs ont ensuite examiné l’effet de l’exercice physique sur l’irisine et le cerveau. Ils ont ainsi constaté que les souris nageant presque tous les jours pendant cinq semaines ne présentaient pas de troubles de la mémoire en dépit de perfusions de bêta-amyloïde, une protéine destructrice des neurones impliquée dans la maladie d’Alzheimer. Puis en bloquant l’irisine avec un médicament, ils ont constaté que les avantages de la natation étaient totalement éliminés. Ces souris ne se comportaient alors pas mieux aux tests de mémoire que les souris sédentaires après des perfusions de bêta-amyloïde.

L’activité physique contribue à la bonne santé cérébrale à tous les âges de la vie

Pour les scientifiques, ces résultats suggèrent que l’irisine pourrait être exploitée pour trouver un nouveau traitement permettant de prévenir ou de traiter la démence chez l’Homme. Ces derniers souhaitent se mettre à la recherche de composés pharmaceutiques pouvant augmenter son taux dans le cerveau voire imiter son action. Le traitement serait destiné aux personnes souffrant d’affection liées au vieillissement (maladies cardiaques, arthrite, démence…) et qui ne sont pas en capacité de pratiquer une activité physique. « Pour ces personnes, il existe un besoin de médicaments pouvant imiter les effets de l’irisine, pour protéger les synapses et prévenir le déclin cognitif.», conclut le Pr Ottavio Arancio.

Mais avant tout, le chercheur encourage l’ensemble de la population à faire de l’exercice le plus souvent possible, non seulement pour favoriser le bon fonctionnement du cerveau mais aussi pour la santé en général. Ce lien bénéfique, la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau l’évoque sur son site Internet. Celle-ci explique que non seulement l’activité physique dope le cerveau à tout âge et que la bonne santé du cerveau chez la personne âgée est aussi liée à la bonne condition physique, mais aussi que « la pratique d’une activité physique régulière chez les patients atteints d’Alzheimer peut aussi contribuer à augmenter l’effet thérapeutique des traitements engagés et apporter un mieux-être plus global. »

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